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Le blog de Samir Ould Ali

Oran : El Jadida, une ville intelligente ?

8 Janvier 2013 , Rédigé par Samir Ould Ali Publié dans #Actualités

Parmi les grands projets inscrits dans le programme de modernisation de la wilaya d’Oran à l’horizon 2025, la réalisation annoncée de la nouvelle ville à l’orée de la daïra de Oued Tlélat, à quelques kilomètres à l’est du chef-lieu de wilaya, continue de nourrir les rêves et les ambitions. Projetée sur une superficie de 2 000 hectares, cette future cité de 300 000 logements (et non pas 30 000 comme colporté précédemment par les médias) devrait permettre d’alléger la pression qui pèse sur la capitale de l’Ouest, désormais incapable «d’assumer» une population constituée de plusieurs centaines de milliers de personnes (près de 2 millions d’âmes, selon des estimations). Il est notamment attendu d’El Jadida qu’elle règle définitivement la crise du logement, qu’elle ouvre de nouvelles perspectives en matière de lutte contre le chômage (les spécialistes estiment que la zone en question, située entre Oran, Mostaganem et Arzew est un important bassin d’emploi) et, par conséquent, qu’elle permette une meilleure qualité de vie.
En l’absence d’informations plus détaillées sur la configuration de la nouvelle ville (pour le moment, on sait juste qu’elle doit s’étaler sur 2.000 ha) beaucoup espèrent que les concepteurs penseront à toutes les infrastructures qui font d’une cité une ville moderne tournée vers l’avenir, qui réponde aux besoins et aspirations de ses occupants, et non pas seulement une ville-dortoir, dont les habitants doivent «s’exiler» dans d’autres wilayas (ou d’autres pays) pour trouver un sens à leur existence : «Les gens n’ont pas seulement besoin de dormir et de travailler, ils cherchent également à s’exprimer, à se réaliser», estime un économiste en schématisant la situation par la pyramide de Maslow (théorie économique élaborée par le psychologue Abraham Maslow) selon laquelle les besoins des personnes s’échelonnent des besoins physiologiques (manger et boire, par exemple) pour arriver, en bout de course, à l’accomplissement personnel (réalisation de soi) en passant par les besoins de sécurité (emploi, logement…), d’appartenance et affectifs (amitié, famille…) et l’estime (confiance et respect d’autrui). «Une ville moderne, poursuit notre universitaire, devrait garantir les conditions nécessaires pour parvenir à satisfaire tous ces besoins et permettre aux habitants d’accéder au bonheur.» El Jadida devrait, suivant cette idée, offrir aux «Jadidiens» l’opportunité de transcender leurs besoins «primaires» pour atteindre une certaine qualité de vie et, pour cela, il n’est pas question de se contenter de la réaliser sous forme de cité-dortoir, comme il s’en est construit des dizaines en Algérie ces dernières années ; il s’agirait, plutôt, en même temps que de bâtir des commodités et des infrastructures d’accompagnement, d’aménager des espaces économiques, culturels, sportifs..., soit un type de développement urbain «apte à faire face aux besoins des institutions, des entreprises et des citoyens, tant sur le plan économique, social qu’environnemental», comme le résument les spécialistes pour définir la «ville intelligente», concept dans lequel les pouvoirs publics semblent vouloir inscrire la future cité oranaise. Toute la question est de savoir s’ils ont les moyens de leur politique...

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