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Le blog de Samir Ould Ali

Les augmentations de salaires ne peuvent contrer le marché

27 Février 2013 , Rédigé par Samir Ould Ali Publié dans #Actualités

Oui, les travailleurs de certains corps de métier du secteur public et du service privé ont bénéficié des augmentations de salaires. Non, ces hausses ne suffisent pas à contrer les assauts répétés d’une mercuriale impitoyable, qui met les produits de large consommation hors de portée des consommateurs. C’est le constat fait tous les jours par les Algériens lorsqu’ils s’aventurent sur les marchés des fruits et légumes, où les prix des produits atteignent désormais les cimes.
A Oran par exemple (430 km à l'ouest d'Alger), dans la majorité des marchés, la pomme de terre n’est plus cédée en deçà de 50 dinars le kilogramme, la tomate est proposée à 70 dinars, la salade à 100 dinars et l’oignon tourne autour de 70 dinars. Les fruits (du moins ceux dont l’apparence n’est pas repoussante) sont également «proposés» à des prix défiant l’entendemen : la pomme à 250 dinars le kilogramme, la banane à 120 dinars et l’orange entre 100 et 150 dinars. Quant aux viandes (quelle que soit leur couleur) et aux poissons, il y a longtemps qu’elles ont déserté la majorité des cuisines oranaises.
Ces prix font naturellement tressaillir tous les consommateurs, y compris ceux qui, à l’évidence, ne souffrent pas de sérieux problèmes de pouvoir d’achat. «Malgré tout, ça m’a tout l’air d’être du vol. Je peux être à l’aise financièrement et refuser qu’on me dépouille. Ce n’est pas parce que je peux m’offrir des pommes que les commerçants sont autorisés à me la vendre deux ou trois fois leur prix», explique l’un d’eux, déplorant l’absence de protection que le consommateur est en droit d’exiger des pouvoirs publics et en concluant : «Nous sommes livrés pieds et poings liés aux commerçants qui jouent avec les prix comme ils veulent sans contrôle ni régulation.»
Il est vrai que l’état de fonctionnement anarchique des marchés algériens ne plaide pas pour les autorités dont le manque d’action et leur impuissance à faire face au diktat imposé par les commerçants sont de plus en plus dénoncés par les consommateurs. «En l’absence de régulation et de contrôle, chacun agit comme il veut. C’est pour cela que les augmentations de salaires n’ont pas eu les effets attendus. On donne de la main droite ce qu’on retire de la main gauche», estiment des consommateurs oranais, dont beaucoup sont contraints à travailler au noir et recourir à de nombreux expédients pour espérer joindre les deux bouts. «Parce qu’il n’y pas que la nourriture, rappelle l’un d’eux. Il ne faut pas oublier le loyer, les factures, l’habillement, les frais scolaire, de santé… et toutes ces charges que l’on doit assumer pour vivre.»
Et les perspectives ne semblent pas réjouissantes pour l’année 2013, puisqu’en plus les prévisions annoncent déjà une hausse probable d’au moins 15% des prix de plusieurs produits alimentaires, notamment ceux qui sont importés, comme les céréales et les légumes secs. C’est ce que l’Union générale des commerçants et artisans algériens (Ugcaa) a affirmé en janvier dernier en expliquant cette hausse par le fait que «les pays exportateurs de produits alimentaires ont décidé de réduire leurs exportations en vue de satisfaire les besoins nationaux».
Et comme l’Algérie est un grand pays importateur…

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