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Le blog de Samir Ould Ali

Le patrimoine historique ? On en parlera après

18 Avril 2010 , Rédigé par Samir Ould Ali Publié dans #Oran

Bien qu’il puisse se montrer sensible à la beauté des sites historiques et acquiescer à leur valeur pour une cité et leur importance pour la mémoire collective, l’Oranais lambda n’en refuse pas moins de les considérer comme un sujet de préoccupation prioritaire : «Il y a tellement de choses qui ne vont pas comme il faut et nous avons tant de problèmes à régler qu’il me paraît indécent de parler du patrimoine historique même si leur rôle n’est plus à démontrer ; Ce n’est pas pour rien que les Occidentaux insistent avec tant de force sur la préservation des témoins de leur passé. Mais, pour ce qui me concerne, mes préoccupations tournent d’abord autour de la cherté de la vie, de la situation dramatique de l’école algérienne et de généralisation de la médiocrité», estime Salah, père de quatre enfants en bas âge.

Ce que Salah explique en phrases correctes et décentes, d’autres l’expriment souvent en critiques acerbes envers la passivité de l’Etat et, parfois aussi, en très violentes émeutes. Ce fut le cas, il y a une dizaine de jours, dans le quartier des Amandiers où les habitants avaient manifesté dans la rue contre la multiplication des accidents de la route (deux personnes avaient été tuées à quelques heures d’intervalles par des chauffards qui avaient pris la fuite) : «Avec la proximité du GNL16 et l’importance qu’il revêt pour Oran et sa région, les crises sont aujourd’hui mises de côté. Mais il ne faut pas se leurrer, la qualité de notre vie est affligeante et les problèmes sociaux sont d’une extrême gravité», avertissent beaucoup d’Oranais, notamment les jeunes qui continuent de faire face au chômage, à la mal vie et ne rêvent que de lointaines contrées : «Quand ta licence ou ton magister ne te permettent pas un emploi stable, quand ton travail ne t’assure pas des rentrées suffisantes pour une vie décente et quand tu vois que ce sont les médiocres qui s’enrichissent alors que les honnêtes travailleurs sont contraints de sortir dans la rue pour réclamer de meilleures conditions de travail, tu te dis que quelque chose ne va pas dans ce pays, et qu’il vaut peut-être mieux aller voir ailleurs», analyse Rachid, la quarantaine, au chômage depuis bientôt une année, dont deux frères ont tenté (et semblent avoir réussi) l’émigration en Espagne et en Italie.

Malgré tout, un certain nombre de personnes (se recrutant majoritairement parmi les enseignants, les étudiants et les passionnés d’histoire) n’hésitent jamais à prendre part à des actions, généralement organisées par des associations civiles, allant dans le sens de la préservation du patrimoine historique oranais : «Les problèmes que nous vivons tous - évidemment avec plus moins d’acuité - ne doivent pas empêcher la lutte pour la protection de ces symboles qui participent  de notre mémoire, de notre histoire» insiste-on parmi cette catégorie de personnes qui donnent régulièrement de leur temps et de leur énergie pour que les symboles matériels du passé oranais soient préservés pour les générations futures. Certains pensent même que la lutte pour la protection des monuments historiques est aussi importante que le combat pour les libertés individuelles et collectives : «Dans les pays qui ont du respect pour leur passé et qui sont conscients de la nécessité de le transmettre, les monuments historiques sont jalousement protégés et bénéficient même de subventions de toute nature», argue-t-on notamment pour justifier la nécessité de préserver son patrimoine. Il reste que la grande majorité des Oranais demeurent davantage préoccupés par des sujets immédiatement liés à leurs conditions de vie dont ils voudraient améliorer la qualité maintenant que la wilaya compte parmi les plus riches du pays : «Mon patrimoine immédiat, ce sont mes enfants que je voudrauis voir grandir dans un environnement sain et non violent. Il sera toujours temps de s’intéresser aux monuments historiques», conclue Salah, exprimant ainsi, probablement, le senttiment de la grande majorité de la population oranaise. 

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