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Le blog de Samir Ould Ali

Le Libre pinceau d’Oran: L’enfant artiste au cœur des préoccupations

4 Mai 2012 , Rédigé par Samir Ould Ali Publié dans #Culture

Depuis bientôt onze années, l’association culturelle Le Libre pinceau d’Oran* offre aux enfants d’Algérie la possibilité d’exprimer leur sensibilité artistique à travers un concours de peinture dont les lauréats sont récompensés le 1er juin, Journée de l’enfance, lors d’un salon national. «L’idée est aussi bien de promouvoir le talent artistique des enfants que de leur procurer la joie de participer à une compétition sanctionnée par des cadeaux en fin de parcours», explique le président de l’association, Nasreddine Bentayeb.De fait, dès l’automne de chaque année, un comité du salon est installé pour prendre en charge l’organisation de la manifestation qui, il faut le dire, n’est pas une sinécure : choisir la thématique (cette année, le choix s’est évidemment porté sur la commémoration du cinquantenaire de l’Indépendance), élaborer les courriers à envoyer aux différentes directions (Culture, Education, Jeunesse et Sports) et d’autres organisations comme les Scouts des 48 wilayas, réceptionner les réalisations picturales des enfants résidant dans les coins les plus reculés du pays, les trier selon des critères bien précis, évaluer la qualité artistique, pister les fraudes (oui, elles existent et cette année, 20 fraudeurs ont été démasqués !!), sélectionner les meilleurs, établir des dossiers, revérifier encore l’identité des enfants… sont les principales tâches dont le comité en question doit s’acquitter avant le salon final. «C’est un travail de longue haleine, qui nécessite beaucoup de sacrifices et demande des ressources financières que, souvent, nous n’avons pas», soupire notre interlocuteur en se remémorant toutes les fois où il a sollicité, en vain, l’aide des pouvoirs publics. «Cette année encore, nous avons essuyé le refus du ministère des Moudjahidine bien que la thématique porte sur l’histoire du pays. Mais nous avons l’habitude et nous ne baissons pas les bras !», ajoutera-t-il avec amertume.
 
Et les résultats obtenus en fin de parcours constituent probablement le moteur qui pousse les adhérents et amis de l’association à poursuivre ce travail tellement difficile et si pénible pour les nerfs. «La joie des enfants qui reçoivent les prix, la fierté qu’on peut lire dans le regard des parents, mais aussi la qualité des dessins réalisés et le fait que des enfants qui ont débuté avec nous en 2001 aient entamé des études dans les arts plastiques, nous réconcilient avec le travail associatif», sourit cet enseignant de dessin au lycée Hayet. «Et aussi lorsque nous recevons ce genre de courrier», se rappelle-t-il en exhibant une enveloppe jaune envoyée de Tiaret portant «Association Le Libre pinceau» comme seule inscription. «Il n’y a pas notre adresse et pourtant elle nous est parvenue», dira-t-il avec une joie mêlée de fierté.

 


Pour cette année, le Salon national de la peinture des enfants -qui est programmé à la Médiathèque du 1er au 16 juin- 27 lauréats ont été sélectionnés, dont les œuvres seront exposées sous verre, et quelque 480 dessins (soit dix par wilaya) seront exposés aux grand public. «Tous ces participants seront primés, nous n’oublierons personne. Mais les trois premiers recevront des cadeaux de qualité : un ordinateur pour le premier, un appareil photo numérique pour le deuxième et un ensemble bureau pour le troisième», souligne encore Nasreddine Bentayeb.Le président de l’association Le libre pinceau -dont le premier salon organisé en 2001 a regroupé trois wilayas- ne cache pas les ambitions expansionnistes de l’association, pour peu que les pouvoirs publics jouent le jeu. «Depuis quelques années, nous organisons un salon national qui regroupe réellement 48 wilayas ; je suis persuadé que nous pouvons nous ouvrir sur les pays voisins et réussir le pari de tenir une manifestation maghrébine», affirme-t-il.
 
Mais pour cela, il faut de sérieuses implications des institutions publiques et privées ainsi qu’un engagement politique qui dépasse le cadre des promesses...
 

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