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Le blog de Samir Ould Ali

Le cancer de la bureaucratie

1 Octobre 2013 , Rédigé par Samir Ould Ali Publié dans #Actualités

«Si l’Algérie parvient à dépasser certaines entraves bureaucratiques, elle pourra améliorer la prise en charge du cancer à court terme». C’est l’une des phrases-clé que le professeur Kamel Bouzid, président de la Société algérienne d’oncologie médicale, a glissées dans le rapport final sur le plan de lutte contre le cancer qui sera soumis à la présidence cet octobre.

 

Saluant la décision du président de la République «d’inscrire la lutte contre le cancer comme chantier présidentiel», le «grand nombre» d’infrastructures hospitalières réalisées à travers le territoire national et «l’amélioration de la prise en charge sanitaire» des malades, le chef de service du Centre spécialisé dans la lutte contre le cancer «Pierre et Marie Curie» prévient, toutefois, contre cette bureaucratie qui -comme la mauvaise gestion, les malversations, la corruption et d’autres maux encore- a permis au cancer de «s’épanouir» dans la société algérienne et toucher plus de personnes: en 20 ans, le nombre de cas est ainsi passé de 80 à 120 cas pour 100.000 habitants et, dans les cinq prochaines années, ce nombre devrait évoluer au même rythme que les pays avancés (où la population, faut-il le souligner, est deux ou trois fois plus importante que la nôtre). Depuis les années 90, le problème de la radiothérapie a désormais pris des dimensions dramatiques, les parents d’enfants atteints ne savent plus où donner de la tête pour bénéficier d’un lit et, impuissants à réagir devant les innombrables tragédies qui se présentent à eux, certains personnels médical et paramédical voient leurs nerfs lâcher et sont contraints au repos ou, pire, à des soins psychiatriques.

 

La situation est à ce point grave que les médecins ont souvent recours aux décisions extrêmes pour sauver la vie : à cause du manque de moyens matériels, on décide ainsi de couper l’organe plutôt que de supprimer la zone atteinte de cancer. Ce n’est donc pas pour rien qu’au cours d’une émission radio hier lundi, une responsable  de l’association de lutte contre le cancer El Amel a estimé qu’en Algérie «la négligence est aussi responsable que le cancer» dans la perte des vies humaines, la destruction de malades mal soignés et les déchirements qui touchent fatalement leurs parents et leurs familles.

A côté du plan national de lutte contre le cancer, il faudra donc mener de front la lutte contre la bureaucratie, la corruption et tous les maux qui entravent l’évolution vers un monde meilleur.

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