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Le blog de Samir Ould Ali

La viande sacrée fait peur

1 Août 2010 , Rédigé par Samir Ould Ali Publié dans #Actualités

Doit-on craindre la viande indienne ? En cette veille de Ramadhan, c’est l’une des questions qui taraudent l’esprit du consommateur algérien après l’annonce faite par le ministère de l’Agriculture et du développement rural de sa décision d’ouvrir la filière indienne malgré l’alerte donnée quelques jours plus tôt par des connaisseurs sur la «qualité improbable de ce produit interdit en Europe, en Russie et dans plusieurs pays arabes». Les causes de cette prohibition ? De sérieux doutes sur la qualité sanitaire de cette viande jugée porteuse de risques parce que traitée dans des abattoirs à la propreté incertaine et dans des conditions loin de répondre aux normes sanitaires internationales. D’ailleurs, continuent les mêmes milieux proches de la filière, la décision d’importer de la viande (de buffle et non de bœuf) à partir de l’Inde procède plus d’un souci de thésaurisation économique (la tonne serait de 200 dollars moins chère que dans les pays d’Amérique latine) que d’une volonté d’importer un produit de qualité.

 

Faux, répond le ministère de l’Agriculture par la voix de son sous-directeur de la santé animale : «Les négociations pour l'importation des viandes de ce pays, entamées en 2001, étaient le fruit de neuf ans de négociations au bout desquelles l'Inde a réussi à obtenir la certification pour l'exportation de sa viande vers l'Algérie, après avoir répondu à toutes les exigences sanitaires» et après «des visites sur place». Autrement dit, les Indiens n’ont pas décroché la précieuse certification un peu trop rapidement comme dénoncé par ses détracteurs et l’Algérie a pris tout son temps pour s’assurer de l’absence d’un quelconque danger sur la santé du consommateur. Pour une fois donc, l’Algérien aurait droit à une viande de qualité au prix plus ou moins abordable de 410 à 560 DA le kilogramme.

 

Pourtant, malgré ces assurances le doute demeure dans l’esprit des consommateurs ; Et c’est en reprenant les principaux événements qui ont agité l’actualité ces dernières années que l’on en comprend la raison : Il y a eu tellement d’affaires de corruption et dans tant de secteurs que l’Algérien n’a plus confiance. Il n’a pas plus confiance dans le ministère de l’Agriculture ébranlé par plusieurs affaires que dans les services sanitaires chargés de garantir la qualité des produits de consommation ou dans des douanes souvent ébranlée par les affaires: «La corruption est telle que le doute plane partout et sur tout le monde», remarque avec accablement l’homme de la rue. Comment alors d’être sûr que la viande indienne est propre à la consommation et que ses détracteurs ne sont mus que par le souci de conserver la main sur une filière juteuse ou, à contrario, que le produit présente de réels risques et que l’importation de la viande indienne n’est qu’une autre (encore une) opération destinée à l’enrichissement particulier au détriment de la collectivité?

 

Difficile pour un peuple régulièrement floué et abusé…

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