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Le blog de Samir Ould Ali

La bataille contre la toxicomanie n’est pas gagnée

16 Mai 2010 , Rédigé par Samir Ould Ali Publié dans #Drogue

Derrière les sourires rassurants et les promesses de foi, une seule réalité s’est dressée, terrifiante : alors que les réseaux de trafiquants de drogue travaillent presque en «rangs serrés» et que le  phénomène prend une ampleur démesurée - catastrophique, selon les participants - le combat menée contre la toxicomanie reste décousu, incohérent, comme perdue d’avance.

Le nombre des toxicomanes augmente exponentiel chaque année mais celui des infrastructures de prise en charge reste désespérément figé (seulement deux centres de désintox depuis 1996) ; la drogue est dans les écoles et risque d’y rester - «Je le crie depuis neuf ans mais personne ne veut m’écouter !!», pleure presque une psychologue de l’Education - mais le département de Benbouzid préfère insister sur la couleur des tabliers et oublie les cellules d’écoute ; les jeunes fument des joints à s’en éclater le cœur et la tête mais la cellule familiale détourne les yeux vers la mercuriale, inquiétante il est vrai, des produits alimentaires, les partis politiques préfèrent parler de la main étrangère et de cette France coloniale qui refuse de reconnaître ses crimes alors que le Parlement lui … Mais est-il juste et dignes de parler encore d’un Parlement algérien ?

75 tonnes de résine de cannabis saisies en 2009, soit une augmentation de plus de 200% par rapport à l’année précédente ; près de 300.000 toxicomanes dont 85% seraient âgés de moins de 35 ans ; outre le très proche Maroc qui nous inonde déjà de sa répugnante marchandise, des pays d’Afrique de l’ouest se signalent par des réseaux de trafic de cocaïne qui voudront, inévitablement, profiter de la position géostratégique de l’Algérie comme passage vers le marché européen et laisser traîner quelques quantités à de potentiels consommateurs.

Ces indicateurs et d’autres encore qui émanent des structures chargées de lutter contre la toxicomanie et le trafic de drogue, augurent de sombres lendemains pour l’Algérie et sa jeunesse dont tout le monde reconnait la fragilité : «Les jeunes constituent un terrain propice à l’arrivée de la drogue dure, notamment la cocaïne», a reconnu le premier responsable de l’Office de lutte contre les stupéfiants himself.

Que doit penser cette mère dont le fils dépérit à vue d’œil sans que personne ne puisse l’aider efficacement ? A qui doit-elle s’adresser pour espérer sauver son enfant d’une mort inévitable ? Et comment rassurer ce père dont la fille fréquente une école où le kif circule déjà parmi des élèves qui n’ont jamais trouvé une oreille attentive, empathique ?

Lorsque ceux-là et d’autres encore seront devenus toxicomanes ou auront perdu la vie, nous pourrons toujours enorgueillir d’avoir construit un joyau architectural pour accueillir un sommet mondial du gaz.

Mais, il n’est pas sûr que l’argument portera.

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