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Le blog de Samir Ould Ali

Hennini wen-hennik ou les avatars de la performance dans le judo

25 Juin 2013 , Rédigé par Samir Ould Ali

Lire Hennini wen-hennik ou Vivre et laisser-vivre, le dernier livre de Djelouat Nourine, enseignant en économie mais aussi (et, parfois, surtout) entraîneur de judo, permet de mieux appréhender les difficultés qui handicapent le judo algérien et l’empêchent d’accéder au rang mondial qui devrait être le sien.

Bâti sur une série d’entretiens et de témoignages avec des acteurs-fonctionnaires du judo national - désabusés et, pour certains, réticents à la parole - qui, pourtant, ont accompagné des athlètes à la consécration, Hennini wen-hennik braque le projecteur sur ces mille et une entraves, très algériennes, qui ralentissent la réémergence d’un judo performant et de haut niveau : absence de vision claire, réflexes régionalistes, absence d’organisation et de formation de jeunes talents, opacité et inefficacité des ligues… et d’autres anomalies, sur fonds de luttes d’intérêts inavouables, participent, selon le livre, de l’affaiblissement de ce sport - classé catégorie A par le ministère de la Jeunesse et des sports au même titre que le football ou le handball - qui a, quelques-fois, permis au drapeau national de flotter dans le ciel olympique. Et tous les témoignages que l’auteur a recueillis depuis 2010 convergent vers cette seule conclusion, applicable à toutes les disciplines sportives, qui explique les échecs des dernières années: le judo se trouve entre des mains maladroites pendant que les compétences sont marginalisées.

Lire Hennini wen-hennik, c’est également comprendre que le malheur du judo se trouve aussi dans l’absence de normes dans une société en manque d’équilibre : «Djelouat s’efforce surtout le témoin attentif de souffrances incisives, constamment passées sous silence. Tout se passe comme s’il levait la main, à notre adresse, pour nous interpeller, nous convier à la prise en charge sérieuse et politiquement engagée d’une épaisseur sociale et humaine (…) Il n’incrimine personne nommément, ne s’intéresse qu’aux Sujets écrasés par la morgue ambiante, et laisse à chacun le droit ou le devoir, c’est selon, de se remettre en cause tant sur le plan de la compréhension des choses que des pratiques de travail et d’organisation (…)», écrit, notamment, en préface du livre, Ahmed Saïfi Benziane, universitaire et auteur.

On peut, toutefois, reprocher à Djelouat l’usage d’un style lourd, chargé, qui pourrait paraître incommodant pour le lecteur: «C’est un choix assumé pour rendre l’essentiel de l’atmosphère qui prévaut dans le milieu évoqué», rétorque l’auteur en souriant.

Djelouat Nourine est maître-assistant chargé de cours en sciences de gestion à l’université d’Oran et se consacre régulièrement à l’entraînement de jeunes judokas à titre bénévole. Ceinture noire de 3ème Dan, il a été notamment champion d’Algérie par équipes (juniors) en 1971-1972, champion d’Algérie universitaire (-78 kg) en 1983, co-entraîneur de l’Association sportive du complexe militaire d’Oran (1982 à 1987) et évolue actuellement à l’Association des sports de combats et d’athlétisme d’Oran. Publié à compte d’auteur, Hennini wen-hennik ou Vivre et laisser-vivre est son troisième livre après Algérie orpheline (Hiwar Com, 1991) et Vivre son judo (Dar El Gharb, 2007).

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