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Le blog de Samir Ould Ali

Eternel recommencement

4 Juin 2012 , Rédigé par Samir Ould Ali Publié dans #Culture

 

Qui de nous pourrait affirmer : «Cette année, c’est différent ! Tel site fait l’objet de fouilles archéologiques ou tel monument est entre les mains de restaurateurs ?» Assurément, personne. Où que l’on dirige le projecteur, l’état du patrimoine historique algérien est resté le même, inchangé depuis de très longues années, en dépit de l’élaboration annoncée de programmes de préservation ou de réhabilitation des sites historiques. 

Et comme les précédentes années, 2012 ne fait pas exception à la règle et, loin de constituer une opportunité pour célébrer tous ces vestiges qui racontent notre passé depuis la nuit des temps, le mois du patrimoine continue de souligner fortement toute l’indifférence que nous portons à notre Histoire. Dans les faits, cela s’entend, car lorsqu’il est question d’engagements oraux, faits la main sur le cœur, de préférence devant l’œil de la caméra, nous restons imbattables.

Combien de fois n’a-t-on pas vu, entendu, des maires, walis, ministres ou hommes politiques faire l’éloge du patrimoine historique le temps d’une fête de commémoration - ou d’une campagne électorale - pour aussitôt se détourner vers des affaires moins rébarbatives et surtout beaucoup plus lucratives ? Combien de plans de restauration et de sauvegarde des témoins de l’Histoire, annoncés à l’occasion de quelque célébration patrimoniale, croupissent dans les bureaux obscurs de l’administration algérienne ? Quelques dizaines, sans doute, qui témoignent (eux aussi) de notre indigence et de l’hypocrisie de nos dirigeants.

Cette année encore, comme les autres années, le froid constat a été fait par les écrits publiés par les journaux et les émissions diffusées par les radios, les vestiges algériens se meurent dans l’indifférence. Dans le lointain Sud où les Ksour s’effritent lentement mais sûrement, au Nord où l’urbanisation aveugle et son béton menacent d’enterrer ce qui reste du passage des civilisations punique, romaine, ottomane..., partout sur le territoire national, les sites historiques ont tendance à disparaître sans susciter d’autres réactions que les cris affligés mais impuissants des amateurs et férus d’art et d’histoire.

On se croirait dans Un jour sans fin, film dans lequel Phil Connors, insupportable présentateur météo campé par le savoureux Bill Murray, est condamné à revivre la même journée dans ses moindres détails : le même réveil, les mêmes rencontres qui ne varient jamais, les mêmes déceptions, les mêmes joies, les mêmes peines, tous les jours, encore et encore.

Sauf qu’au fil du temps, le personnage apprend à corriger ses erreurs, à se départir de son cynisme et s’ouvrir sur les autres et, qu’en ce qui nous concerne, nous restons sur nos peurs et refusons de fouiller notre mémoire pour ne pas nous regarder en face.

 

 

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