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Le blog de Samir Ould Ali

Commémoration du 1er novembre 1954 : Une jeunesse désorientée mais pas si paradoxale

2 Novembre 2009 , Rédigé par Samir Ould Ali Publié dans #Actualités

Scène observée, au cours de l’été 2008, dans l’un de ces millions de cafés qui abritent les mille et une préoccupations des jeunes algériens : une collision heureusement sans grands dommages met en conflit deux automobilistes, dont l’un est un émigré de passage à Oran pour les vacances. Descendus de leurs véhicules pour faire le constat des dégâts occasionnés par l’inattention de l’un et l’intolérence de l’autre, les deux protagonistes s’apprêtent à remplir les formulaires lorsque le jeune fils du conducteur émigré a cette exclamation dépitée : «L’Algérie, non mais quel pays !!» Sur la terrasse du café, quatre adolescents qui sirotaient leurs cafés press s’insurgent: «Malha eldjazaïr sahbi!! Qu’est-ce que tu as à reprocher à l’Algérie, hein ?», lance l’un deux si hargneusement que le père émigré croit devoir intervenir pour calmer les esprits qui s’échauffaient très rapidement: «Nous adorons l’Algérie, ya ouledi. Si nous avions le choix, nous ne serions même jamais partis !!», assure-t-il en arabe avec un fort accent de l’est algérien. Après avoir encore averti contres «ces dénigreurs du pays qui n’héistent cependant pas à venir s’y faire bronzer chaque été », les jeunes reprennent à leurs affaires. Ce que les malheureux émigrés ignoraient est que le sujet de la discussion que leurs «bourreaux» du jour avaient interrompu quelques minutes plus tôt portait sur … le meilleur moyen de réussir une harga vers l’Espagne. Déconcertante jeunesse qui dénonce, souvent dans la violence, l’injustice sociale de son pays, la hogra, la corruption et qui n’hésite pas une seconde à sortir les dents pour prendre la défense de l’Algérie : «Ce n’est pas le pays que nous dénigrons, rejette un de ces jeunes qui passe son temps l’un des cafés de son quartier. Parle à tous ce jeunes et tu verras à quel point ils aiment l’Algérie : tous savent que nous avons un beau pays, plein de ressources et de richesses. Que convenablement géré, il serait le meilleur pays africain : nous aurions tous un logement, du travail et la joie de vivre sur notre terre. Malheureusement, l’Algérie est gangrénée par la corruption, la hogra et l’injustice sociale sont partout, le travail s’achète… Regarde ces jeunes : je les connais tous et je peux t’affirmer que 90% consomme du cannabis pour oublier l’humiliation qu’ils subissent au quotidien. Ce n’est pas la faute au bled mais à ses dirigeants. Ce qui ont choisi l’’exil n’ont pas fui le pays mais ses dirigeants ; si je réussis ma harga à moi, ce ne sera pas par haine pour l’Algérie mais pour son systme gangréné jusqu’à la moelle.»

Pas touche pas à mon drapeau

Propos chagrins, emplis d’amertume de jeunes durablement mortifiés qui ne rêvent désormais que de partir vivre sous d’autres cieux, fut-ce par la périlleuse et parfois mortelle traversée en barque : «Je sais que beaucoup sont morts ou disparu en mer, que les risques sont très grands. Mais l’envie de vivre enfin me dévore tellement l’intérieur et depuis si longtemps que je suis prêt à risquer n’importe quoi pour y arriver !! Finir bouffé par les poissons plutôt que par les mites, voilà ma devise», assène notre interlocuteur en insistant encore sur le fait que «l’Algérie n’y est pour rien. Mes couleurs ne sont pas le blanc bleu rouge comme on pourrait le croire mais le vert blanc avec un croissant rouge au milieu.»
Cet amour des couleurs nationales, beaucoup de jeunes - que l’on fustige assez souvent pour leur désir de s’exiler - l’ont prouvé et continuent de le démontrer. Notamment ces dernier mois à la faveur du parcours remarquable de l’équipe nationale de football en éliminatoires combinées de la coupe du monde et coupe d’afrique. Jamais de mémoire d’Algérien, pareil engouement pour l’E.N n’a été enregistré depuis la glorieuse époque des verts des années 80 : Partout dans les grandes villes algériennes, les drapeaux de différentes dimensions fleurissent à tous les coins de rue, les jeunes et moins jeunes portes des survêtements ou maillots de l’équipe nationale, et divers articles dérivés sont vendus sur des étalages improvisés : chapeaux, écharpes, les nouveaux maillots de l’E.N…, sont proposés à des prix plus ou moins élevés mais qui ne rebutent en rien les aficionados, désormais de plus en plus nombreux, des fennecs. Des Fennecs qui mettent du baume à leurs cœurs meurtris et leur ouvrent les portes vers les espaces, depuis vingt ans interdits, de l’allegresse et de la joie, mais surtout de la fierté et la confiance en soi : «Que l’on soit en Algérie ou ailleurs, l’amour que l’on éprouve pour le pays est intarissable, explique un jeune algérien résidant en France. Tous les Algériens qui se sont installés à l’étranger n’attendent qu’une chose : de bonnes conditions de vie. J’en connais beaucoup qui ont tenté un retour pour, comme on le dit si souvent au pays, aider l’économie nationale à guérir. Mais ils ont vité réalisé que c’était impossible, que malgré les engagements officiels et les petits changements opérés, la situation n’a toujours pas évolué.»
Jeunes algériens d’ici ou d’ailleurs, presque tous rêvent de vivre dans leurs pays. Mais dans une Algérie débarrassée de la corruption, de la hogra et des injustices, qui permette de s’épanouir et de progresser. Une Algérie telle que l’ont rêvée tous les martyres du premier novembre 1954 et des autres révolutions de l’histoire algérienne.

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elbordji 05/12/2009 12:18


Il m’a été donné l’occasion de lire sur le site « Hogra-Centerblog » un article révélateur de l’état d’esprit de certaines personnes qui se sentent les victimes expiatoires de la bureaucratie et de
l’injustice de certains irresponsables dont le comportement rétrograde laisserait à désirer. J’ai lu qu’un algérien poussé dans ses derniers retranchements aurait pris la curieuse décision de
demander la nationalité israélienne. On y lit dans cette article cette phrase sentencieuse qui dit, je cite : « Un cadre de la fonction publique de la Wilaya de M’sila demande la nationalité
israélienne ! » On y lit, je cite : « Il semble, Monsieur le ministre, que mon existence en tant qu’Algérien n’est pas souhaitée par les autorités sécuritaires, judiciaires et administratives. » En
décidant de commenter cet article, je n’ai ni l’intention de blâmer Monsieur LAYACHI, ni de l’encourager à se défaire de sa nationalité, si je le fais c’est pour dénoncer le comportement maffieux
et plus que obscurantistes de certains cols blancs et de certains responsables qui, par leurs attitudes éhontées et leur haine envers les gens modestes, ils sont souvent à l’origine de drames que
rien ne peut justifier et encore moins excuser. C’est donc pour épingler les ronds de cuir irrécupérables que j’ai cru bon de me pencher sur le cas de LAYACHI, un cadre des Impôts dans la Wilaya de
M’sila, qui n’est ni le premier ni le dernier car des cas similaires sont légion dans nos contrées. Cet article édifiant aurait été publié par le Journal EL-WATAN en date 23/10/2007. Voici, à
l’intention de mes amis internautes de LQA le lien concernant les deux articles de cette affaire pour ceux qui voudraient y jeter un coup d’œil : Le lien de ces deux articles qui m’ont interpellé
est le suivant : http://hogra.centerblog.net/6581309-un-cadre-demande-la-nationalite-israelienne. Il s’agirait donc d’un cadre algérien, Monsieur Amroune LAYACHI qui est victime de chantage et de
mépris de la part de « Bourreaucratie » qui n’a toujours pas fini de faire des ravages incommensurables et de causer des préjudices irréparables au sein d’une société en perdition qui a fini par
perdre ses repères et ses principes moraux. À force d’être manipulée par des apprentis sorciers la société est devenue inhumaine, impitoyable et cruelle. Petit à petit, elle sombre dans un
tourbillon cyclonique de haine et d’inimitée malveillante gratuite. (Il aurait été écroué par le magistrat instructeur le 28 du mois d’Octobre et il aurait même écopé d’une peine d’emprisonnement
avec sursis.
Il faut comprendre la réaction de Monsieur LAYACHI qui, au bord de la dépression et se voyant acculé dans ses derniers retranchements, aurait fini par donner un ultimatum de 30 jours au Ministre
des Affaires étrangères qui était le destinataire de sa demande, faute de quoi il passerait à l’acte.
Quels seraient les griefs de ce Monsieur contre sa tutelle ? Il est possible de voir les détails sur le second article que l’on peut atteindre à partir du lien Internet que j’ai donné plus haut.
(Il s’agirait d’une affaire de falsification etc.)
Harcelé et mis à l’index par une administration renégate, monsieur LAYACHI à certainement bien raison de péter les plombs pour menacer de changer carrément de nationalité.
Croyez-vous, mes chers compatriotes et amis internautes, que si LAYACHI avait trouvé une ouïe attentive à ses doléances et qu’il n’aurait pas été poussé à bout et que s’il avait ressenti de la
justice et de la magnanimité dans son propre pays, il aurait franchi le pas jusqu’à menacer de changer de nationalité ? Bien sûr que non ! En décidant d’écrire au ministère des affaires étrangères,
LAYACHI voulait certainement l’alerter sur le comportement négatif et rétrograde de ceux qui le poussaient à la révolte.
Moi personnellement, je ne condamne pas son geste et j’essaie de comprendre su JUSTE réaction qui peut paraître un peu excessive sur les bords mais qui reste dictée par des circonstances aussi
exceptionnelles qu’extraordinaires. Voyez-vous, messieurs les responsables où peut conduire l’injustice ? Et dites-vous bien que les milliers de jeunes qui se suicident, ceux qui se jettent à la
mer pour fuir le pays, ceux qui se sont transformés en terroristes, ceux qui sont devenus des alcolos ou des criminels, tous ses jeunes et les marginalisés volontairement sont les victimes
innocentes de votre système de gouvernance obsolète et archaïque qui a, depuis longtemps montré ses limites mais malgré tout cela vous n’avez pas eu la clairvoyance de l’esprit et la lucidité de
laisser place nette et de vous retirer pour laisser place à des gens compétents qui ont les capacités et la volonté de gérer les affaires de ce pays de manière responsable et digne. Il est inutile
de vous faire un dessin, vous avez failli dans votre mission et le meilleur moyen de vous faire pardonner c’est de vous retirer avant d’être obligés de rejoindre les égouts de l’histoire comme l’a
si bien dit notre cher frère et ami Djameleddine BENCHENOUF.
Avec le souhait d’avoir apporté une modeste contribution à l’intention de mes amis internautes fidèles au site LQA, je vous souhaite une bonne journée