Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog de Samir Ould Ali

Azzeddine Mihoubi : C’est le règne des films «fast-food»

1 Août 2009 , Rédigé par Samir Ould Ali Publié dans #Festival Film Arabe d'Oran (3)

Intervenant à l’inauguration du séminaire sur le «Cinéma arabe entre classicisme et modernité», le secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargé de la communication, Azzeddine Mihoubi, a regretté que, pour des considérations commerciales, producteurs et cinéastes ont emprunté des chemins diamétralement opposés : «Depuis, les films fast-food ont pris le dessus sur les films créatifs, profonds, qui véhiculent des idées fortes. Pourtant, le cinéma arabe n’est pas tellement éloigné de ce qui se fait dans le reste du monde en terme de scénario et d’exécution artistique». Pour l’orateur, il est temps de revenir aux richesses littéraires qui, adaptées au cinéma, peuvent donner naissance à des films qui resteront pour la postérité, comme c’est le cas pour des films à l’instar l’Opium et le bâton, Les vents du sud et d’autres films, encore réalisés par de grands noms du cinéma arabe : «Comme le défunt Youcef Chahine dont c’est aujourd’hui 27 juillet le premier anniversaire, a souligné Mihoubi en louant l’œuvre de ce monument du cinéma. Le ministre d’Etat a également déploré le fait que l’actualité arabe, alimente les trois quarts des journaux télévisés dans le monde au lieu de servir à la réalisation de films de qualité : «Le terrorisme, la criminalité, les mariages mixtes…, sont autant de sujets à traiter, a-t-il préconisé en incitant les producteurs à lire : «Une nouvelle génération d’écrivains abordent d’excellents sujets que les producteurs seraient bien inspirés d’adapter au cinéma.»

Abordant le volet du soutien à la création cinématographique, Azzeddine Mihoubi a reconnu qu’il n’existe aucune caisse de soutien dans le monde arabe, ce qui pousse beaucoup de cinéastes arabes à recourir aux soutiens étrangers : «Ce qui est assez périlleux, cet étranger (l’Occident, Nrd) ne consentant à apporter son aide qu’en contrepartie de l’utilisation du film pour passer son message qui ne répond pas nécessairement.» De même que pour la distribution et la commercialisation de leur production, ces mêmes cinéastes sollicitent des organismes étrangers avec le même risque de «se faire manipuler». Par conséquent, a-t-il affirmé rejoignant ainsi une ancienne demande des cinéastes, il faut impérativement œuvrer à la création d’une caisse arabe de soutien à la création et réfléchir aux instruments et mécanismes pour la commercialisation des films arabes dans le monde.

Enfin, le ministre a appelé les cinéastes à quitter de leur «ghetto» arabe pour rejoindre le cinéma universel: «Nous avons de grands noms du cinéma qui doivent désormais émerger au grand jour et aller vers des projets d’envergure mondiale. Comme les cinéma turque et iranien ont réussi à le faire»

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article