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Le blog de Samir Ould Ali

Vers la mort de l’industrie textile en Algérie

11 Juin 2009 , Rédigé par Samir Ould Ali Publié dans #Revue de Presse

Les marchés et les centres commerciaux de la capitale sont, ces dernières années, investis par un nombre de plus en plus important de commerçants chinois, redoutables concurrents pour les commerçants locaux. Les produits chinois, notamment le textile, sont en train d’achever une industrie locale agonisante, incapable de rivaliser avec une marchandise produite en Chine avec une main-d’oeuvre jusqu’à dix fois moins chère.
Dans le seul boulevard Hassiba Ben Bouali, on a pu compter cinq magasins de prêt-à-porter gérés par des Chinois. Les produits sont cédés à des prix largement moins élevés que ceux de la production locale. Des tee-shirts à 500 DA, des pulls à 100 DA, des baskets à 700 DA, des ensembles pour enfants entre 500 et 700 DA. «Vogue chinoise», un grand magasin de vêtements pour femmes et enfants, ouvert depuis une année à la rue Hassiba Ben Bouali, a réussi à arracher sa part de marché dans cette rue commerçante d’Alger. «Ça marche très bien en dépit des rumeurs faisant part de la mauvaise qualité des produits chinois», témoigne une des deux vendeuses travaillant pour le compte de ce magasin depuis son ouverture. «Globalement, c’est la satisfaction. Les produits chinois sont très prisés car ils sont proposés à des prix abordables qui ont séduit les petites et moyennes bourses», avance encore Radia. Cette jeune fille algéroise a appris à parler chinois en peu de temps et , grâce à l’installation des Chinois en Algérie, a pu quitter les rangs des chômeurs tout comme sa collègue Ratiba à l’écoute des clients. Les vendeuses nous avouent qu’elles travaillent de 8h à 18h et tous les jours de la semaine pour un salaire de 9 000 DA. «Je travaille dans ce magasin depuis son ouverture pour un minable salaire et au noir !», confie Radia subtilement, par crainte d’être entendue par une autre vendeuse chinoise. «C’est la fille du patron», dira Radia. Après avoir identifié notre profession, la Chinoise lance de loin et à partir de son petit bureau : «Pas de photos SVP…». Cette dernière a catégoriquement refusé de répondre à nos questions. «Ce sont les instructions de mon patron», dira-t-elle.
Cap sur une autre boutique chinoise au marché Clauzel, à Alger-Centre. Pas de grande différence concernant les prix et les produits exposés. Sihem, une jeune vendeuse, travaille avec son patron chinois dans ce magasin. Elle affirme que son patron possède quatre boutiques à Alger. Les trois autres sont implantées à Belcourt, Réghaïa et Rouiba. Sur l’existence d’ateliers de confection chinois qui activent dans la clandestinité, Sihem répond : «Je ne sais pas, mais j’entends les gens parler de ça. En tout cas, nos patrons disent que tous les produits sont importés de Chine». Cette vendeuse confie également que son salaire ne dépasse pas les 12 000 DA par mois. Les Chinois ont réussi en quelque temps à occuper une bonne place sur le marché national. La présence chinoise en Algérie se fait en effet de plus en plus ressentir. Ce constat n’est pas propre à ces magasins mais il concerne tous les points de vente des produits chinois ouverts à Alger. C’est le cas aussi du secteur informel que les Chinois sont nombreux à avoir investi. Dans toutes les grandes villes du pays, les quartiers où le trabendo était florissant sont en train de changer de physionomie avec l’installation permanente de commerces chinois qui, peu à peu, ont réussi à contrôler des pans entiers du secteur informel. Cette présence va du textile, à l’électroménager, à l’automobile, en passant par les nouvelles technologies de l’information. Les produits chinois ont même envahi le marché des jouets et des gadgets. Pratiquement dans tous les magasins de jouets et de gadgets on ne trouve que du «made in China». Cependant, il est vrai que ces produits sont moins chers car la main-d’œuvre en Chine est dix fois moins coûteuse, mais cette invasion de biens made in China est en train d’achever le restant de l’outil productif. Nombreux sont les ateliers de confection de vêtements qui furent contraints à la fermeture. Leurs propriétaires, ne pouvant résister à une concurrence rude, ont préféré mettre la clef sous le paillasson.
Ce désastre est sans doute dû à des erreurs de stratégie industrielle menée par l’Algérie.
(Jour d'Algérie - 11 juin 2009)

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Réda 29/11/2009 12:37


Je confirme votre réflexion, honte aux dirigeants algériens, au lieu de protéger l’économie qui déjà fragile, ils l’affaiblisse encore et encore. Vive le pétrole à 0 $ où l’importation sera
impossible et puisque le trésor publique n’auras aucun sou pour alimenter les importateurs, l’état aura intérêt à encourager l’investissement local et voir l’exportation pour combler le vide de
trésorerie. Soit maudit ce pétrole.


sirine 16/07/2009 20:16

salam ;nous avons une tres bonne qualite du textile boneterie
de ccb bejaia draps de bouira el kerma et soitine de nedrouma
sans oublier la couverture de bab ezzouar et tissemsilt ain
djasser et le jute de m sila et le tissus se sidi aich .on il ya tjours de l'espoir.
bonne continuation.