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Le blog de Samir Ould Ali

Les narcotrafiquants investissent dans l’immobilier

6 Juin 2009 , Rédigé par Samir Ould Ali Publié dans #Drogue

Le démantèlement d’un réseau de trafic de stupéfiants au sud-est de la France a permis de mettre à jour une autre source d’activité tout aussi répréhensible. C’est, en effet, une vaste opération de blanchiment d’argent entre Marseille et Alger qui a été découverte suite à cette affaire de trafic de stupéfiants. L’information n’a été révélée que jeudi dernier mais les services de sécurité enquêtaient sur l’affaire depuis le mois de mai. C’est la date à laquelle il a été mis fin à l’activité du réseau de trafic de stupéfiants entre le golfe de Saint-Tropez et Marseille. Les services français de sécurité précisent, que cette opération a été menée dans les milieux maghrébins comme elle s’est soldée par l’arrestation, mardi dernier, d’une douzaine de personnes.
L’objet du délit ne concerne pas que la drogue. Les enquêteurs ont découvert d’importantes sommes d’argent en possession des suspects. Les enquêteurs ont eu le temps, au cours de leurs investigations, de constater que des flux de plusieurs dizaines de milliers d’euros ont été retracés avec l’Algérie. L’argent n’a pas servi qu’à la thésaurisation comme il n’est pas parti dans des dépenses de prestige. Les mêmes sources sont certaines que des investissements immobiliers ont été détectés suite à ces transferts.
Ainsi, le voile est levé sur une partie des interrogations à propos des signes extérieurs de richesse. Il n’est pas rare que des citoyens constatent des constructions émergées en des temps records. L’Algérie a mis en place un dispositif pour traquer le blanchiment d’argent mais sa mise en oeuvre n’est pas facile.
La législation compte sur les banquiers, les commissaires aux comptes et les notaires pour signaler des mouvements suspects d’argent. Toutefois, le blanchiment d’argent n’emprunte pas nécessairement les circuits officiels. Les trafiquants préfèrent largement le marché parallèle pour bien dissimuler leurs actions.
La discrétion est le seul gage d’impunité pour les trafiquants car ils savent que dans le cas où ils seraient appréhendés, ils encourent de lourdes peines. D’ailleurs, les personnes interpellées ont été présentées hier au parquet de Marseille pour être jugées.
L’affaire du trafic de cocaïne et d’héroïne dure depuis 2006 et plusieurs autres personnes sont impliquées. Déjà 20 personnes ont été inculpées et placées sous mandat de dépôt. Parmi elles, figurent les chefs présumés du réseau. Il s’agit de Sofiane Bonour, né à Paris en 1986, condamné déjà à trente ans de réclusion pour trafic de drogue en Algérie. Y figure aussi Ridah Zaïdi, de nationalité tunisienne, né en 1977. Faycal Chouabi, né à Annaba en 1973, est aussi cité comme un membre important du réseau.
Généralement, la drogue est acheminée en Algérie par les frontières est et ouest mais la régularité des liaisons avec la France et d’autres pays européens afait que les trafiquants sont de plus en plus enclins à mettre à profit d’autres voies de transport.
(L'Expression - 06 juin 2009)

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