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Le blog de Samir Ould Ali

«Bougie» éclaire la mémoire de Djaout

6 Juin 2009 , Rédigé par Samir Ould Ali Publié dans #Revue de Presse

La 4e édition du Festival national du théâtre professionnel qui entre dans le cadre de la manifestation «Al Qods, capitale de la culture arabe 2009», a été clôturée jeudi soir à Alger dans un univers plein de fantaisie et de gaieté pour les uns et dans la désillusion pour les autres. Ainsi, cette clôture a été couronnée par la distinction des lauréats en présence de Mme Khalida Toumi, ministre de la Culture, de Son Excellence l’ambassadeur de Palestine à Alger, de M’hamed Benguettaf, commissaire du festival et plusieurs autres personnalités nationales et internationales.
Dans son allocution, M.M’hamed Benguettaf, a affirmé que «le théâtre algérien était et restera le creuset de la créativité, des talents et des valeurs de la bonté et de la beauté qui sont les valeurs de la vie et de la liberté», indiquant que «ces jeunes talents poursuivront cette marche et prendront l’exemple des fondateurs de cet art», estimant que «le théâtre constitue un espace pour tisser des liens d’amitié, promouvoir les valeurs et évoquer les questions intéressant la nation».
Quant aux heureux élus, la meilleure interprétation masculine revient à Abdelhalim Zribi, avec la pièce Masra du Théâtre national algérien. Tandis que Dalila Nouar accapare le meilleur rôle féminin avec la pièce Noun du théâtre régional de Sidi Bel Abbès. Les meilleurs seconds rôles ont été aussi pris en considération. Ainsi, la chance a souri à Djamel Tayar, avec la pièce Le Juge de l’ombre du théâtre régional de Batna et Mounira Rabhi, avec la pièce Masra du TNA.
Les meilleurs rôles prometteurs reviennent de droit à Missoum Amine et Warda Sayem avec la pièce Rendez-vous avec...? de la coopérative El Afsa (l’astuce) de Tlemcen. Salim Souhali du théâtre régional de Batna obtient la distinction de la meilleure musique avec la pièce Le Juge de l’ombre, quant à Yahia Ben Amar du théâtre régional de Annaba, il décroche le prix de la meilleure scénographie avec la pièce Mezghena 95.
Le théâtre régional de Sidi Bel Abbès enlève la meilleure mise en scène de Azzedine Abbar, avec la pièce Noun. Et le prix du jury est décerné à Fadhel Abbès du TNA avec la pièce Masra. Quant au Théâtre régional de Béjaïa, il se distingue encore une fois, en récupérant sa couronne qu’il avait perdue dans la précédente édition, avec la pièce El Horasse (les Vigiles), de Tahar Djaout, réalisée et adaptée par Omar Fetmouche, son directeur.
Et à l’issue de la cérémonie de clôture, les planches du Théâtre national algérien (TNA) Mahieddine-Bachtarzi ont vibré pendant plus d’une heure sous les mouvements souples, vifs et surtout expressifs que dégageaient les corps des danseurs, habillés tout en noir, dans un décor nocturne mais plein de symboles. Nada El Matar (Rosée de la pluie) est le titre du spectacle de danse chorégraphique dramatique, inspiré de certains textes littéraires féminins d’écrivains arabes de renom.
Les danses étaient entrecoupées par des passages de comédiennes, une Algérienne, une Palestinienne et une Irakienne qui, dans une mise en scène axée sur l’expression du corps et du visage, clamaient des textes en arabe classique. Ces textes traitaient, notamment de la cause féminine arabe, son combat, sa lutte ainsi que les souffrances causées par les guerres, comme le cas des femmes algériennes lors de la colonisation française et des femmes irakiennes et palestiniennes qui luttent encore au quotidien contre la mort et la peur d’un lendemain sans lumière.
Le spectacle, mis en scène par Talaât Essamaoui, a emporté le public, à travers les jeux de lumière en synergie avec la gestuelle des danseurs, vers un espace terne dégageant l’angoisse et la crainte imposées par les conflits et les guerres. Partant du constat de cette édition, la situation culturelle en général et du théâtre en particulier commence à porter ses fruits. On a pu remarquer l’enthousiasme de ces artistes dont la majorité sont des jeunes et la présence du public qui revient de plus en plus en masse. Les impressions du public se partagent entre satisfaits et insatisfaits. Chacun sa chanson, et c’est légitime, mais sachant que la règle du jeu ne peut satisfaire tout le monde.
A méditer avec esprit artistique!
(L'Expression - 06 juin 2009)

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