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Le blog de Samir Ould Ali

Arrestation d’un passager syrien au port d’Alger

21 Mai 2009 , Rédigé par Samir Ould Ali Publié dans #Revue de Presse

Un marin syrien a été mis sous mandat de dépôt, alors que quatre Algériens restent activement recherchés dans le cadre d’une affaire d’immigration clandestine, a-t-on appris de source judiciaire. L’affaire n’est pas une banale histoire de harraga, mais concerne un passeur de jeunes candidats à l’immigration clandestine vers l’Europe, à bord d’un navire syrien de marchandises battant pavillon Bangladais.
Le pot aux roses a été découvert par le capitaine du bateau, quelques heures après son départ du port d’Alger, à la suite d’une inspection. Quatre clandestins algériens étaient bien cachés dans la cale. Ils expliquent alors qu’ils ont été embarqués par un matelot syrien. Surpris par cette découverte, le capitaine retourne sur Alger et les débarque en présence des services de sécurité. L’enquête révélera que le passeur syrien n’en était pas à son premier coup, puisque d’autres Algériens avaient été embarqués clandestinement à bord du navire pour être débarqués dans des ports européens où il a accosté. Les clandestins s’introduisent de nuit dans l’enceinte du port d’Alger, à bord de camions de marchandises pour être embarqués quelque temps plus tard par le matelot syrien sur le navire, en contrepartie d’une somme de 4000 euros par personne. Il est évident que les complicités ne se limitent pas uniquement aux chauffeurs de ces poids lourds, puisque l’accès des véhicules au port d’Alger est censé être contrôlé. Déférés au parquet d’Alger, le matelot syrien a été mis sous mandat de dépôt, alors que quatre Algériens, dont les chauffeurs des camions, en état de fuite, sont sous le coup de mandats d’arrêt. Les clandestins, quant à eux, ont été présentés puis remis en liberté provisoire. Cette affaire montre si besoin est que le phénomène de harraga prend une tournure assez grave dans la mesure où les motivations qui poussent les jeunes à prendre autant de risques ne sont pas liées nécessairement à la pauvreté. La mal vie semble en être l’une des causes principales au point où, aujourd’hui, ce sont les parents qui encouragent les enfants à prendre autant de risques pour rejoindre «l’eldorado» européen. Sinon comment expliquer que de telles sommes puissent être ramassées par de jeunes chômeurs pour les remettre aux passeurs ?
(El Watan - 21 mai 2009)

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