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Le blog de Samir Ould Ali

Beaucoup d'Algériens veulent s'expatrier

29 Avril 2009 , Rédigé par Samir Ould Ali Publié dans #Oran

El harga s’explique aussi par la disette culturelle

Le vide culturelle que les jeunes oranais vivent depuis de longues années constitue également l’une des raisons qui continue de conduire beaucoup d’entre eux à vouloir quitter l’Algérie : «Je veux partir pour respirer, bouger… vivre tant que je suis jeune !», clament-il à qui veut les entendre. Vivre ? «Oui, voyager, connaître du monde, faire des expériences, travailler…». Tout ce que ces jeunes voient chaque jour sur les chaînes satellitaire ou Internet et qu’ils estiment ne pas pouvoir réaliser en Algérie: «Le vide culturel et l’absence de perspectives sont depuis longtemps à ce point prégnants, malgré les promesses officielles, que les jeunes ne veulent désormais plus attendre», explique un enseignant universitaire qui a eu à expérimenter la vie à l’étranger.

Alors que les télévisions étrangères évoquent les galas, les concerts, les différentes expositions et les multiples vraies formes de manifestations culturelles souvent organisées sur les terres occidentales, les Oranais, comme tous les Algériens, continuent de ronger leur frein  dans les cafés ou en surfant sur la Toile  : «Fasse Dieu que je puisse très prochainement aller m’installer au Canada, espère Saïd, jeune père. Je ne veux pas que mon fils vive le désert qui est le nôtre. Au moins, je suis sûr que, là-bas, il pourra se nourrir intellectuellement et qu’il ne finira pas, comme la majorité d’entre nous, à ne penser qu’au ventre.»

Ceux qui, à Oran, désirent se nourrir intellectuellement (heureusement, il en reste encore) n’ont pas tellement le choix : les livres se raréfient au rythme des librairies, les salles de cinémas demeurent désespérément closes et le théâtre tente de survivre à une crise financière aiguë. Ne restent que les réseaux de connaissances qui permettent encore de lire le dernier livre de tel auteur, que tel ami a reçu d’un cousin ou frère, établi en France ou ailleurs : «C’est comme cela que j’ai reçu Da Vinci Code (best seller de Dan Brown, adapté au cinéma) et l’Algérie vue du Ciel, de Yann Arthus Bertrand, et que j’ai pu les lire en leur temps», raconte Abdelhak : «Autrement, j’aurais certainement dû attendre des années et je ne suis même pas sûr que j’aurais pu me les offrir.» Pour les mordus du cinéma, les vidéothèques et cybercafés permettent de louer ou de télécharger les derniers films et productions musicales que les occidentaux eux-mêmes n’ont pas encore mis sur le marché : «Heureusement que le piratage existe, se félicite un internaute du centre-ville d’Oran, qui passent quotidiennement des heures entières devant son PC. Autrement, il n’y en aurait que pour les riches.»

Dans cet Oran où aucun espace culturel existant ne fonctionne comme il devrait, le sport aussi (particulièrement le football) permet aux jeunes de se débarrasser du stress qu’ils endurent quotidiennement, et dont on oublie souvent qu’il est à l’origine de nombreuses maladies. Malgré les déboires des championnats nationaux et de la sélection algérienne, la balle ronde continue de compter de très nombreux amoureux qui s’en nourrissent : «Nous jouons chaque jeudi avec plaisir, relève l’un d’entre eux, malgré tout, je voudrais bien pouvoir aussi aller au cinéma ou assister à un concert de musique où les conditions d’organisation seraient parfaites.»

Si de l’avis de beaucoup de voix officielles ou assimilées, la situation évolue positivement en Algérie, ce n’est pas ce que pense la majorité des jeunes oranais qui n’ont qu’une idée en tête : quitter ce désert.
Par tout les moyens.
                                                                                                                                                           

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