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Le blog de Samir Ould Ali

Oran : 20 ans de réclusion pour des narcotrafiquants de Maghnia

27 Avril 2017 , Rédigé par Samir Ould Ali Publié dans #Oran, #Drogue, #Justice, #Tribunal criminel

Deux cousins et un complice ont été condamnés, mardi dernier à Oran, à 20 ans de réclusion criminelle pour plusieurs chefs d’inculpation liés au trafic de drogue. Selon l’ordonnance de renvoi, Y. Kamel et Mohamed et B. Mustapha ont tenté, un jour de juin 2015, de convoyer près d’un quintal de résine de cannabis de la ville de Maghnia à Oran. Kamel, qui conduisait la Renault Kangoo dans laquelle 96 kilogramme de kif étaient dissimulés, a été arrêté par un barrage de la gendarmerie près de Sabra, petite localité de 30.000 habitants, située à 25 km de Maghnia et à 30 km de Tlemcen.

Interrogatoire

Interrogé, le conducteur dira que la voiture appartient à son cousin Mohamed qui devait initialement l’accompagner avant de se désengager à la dernière minute. Il jurera ignorer que de la drogue se trouvait à l’intérieur du véhicule : « J’avais des affaire personnelles à régler et Mohamed avait proposé de m’accompagner. Comme il n’avait pas son permis, il m’a proposé d’utilise sa voiture. Mais j’ignorais que je transportais de la drogue ». Pour prouver sa bonne foi et sa volonté de coopérer, il accepte de téléphoner à son cousin pour l’informer de son arrivée dans la capitale des Zianides.

Inculpation

Quelques temps plus tard, Mohamed rejoint son cousin à Tlemcen où il est aussitôt appréhendé par les services de sécurité. Il dénoncera un certain B. Mustapha, fermier de Maghnia, comme étant le propriétaire de la marchandise illicite. En tout cas, assurera-t-il, c’est ce Mustapha qui a chargé la drogue dans le véhicule utilitaire afin qu’elle soit transportée à Oran.

A l’issue de l’instruction judiciaire, les trois suspects sont inculpés pour divers chefs d’accusation dont l’importation, le transport et la commercialisation de drogue en bande organisée selon les articles 17 et 19 de la loi 18-04 relative à la Prévention et la répression de l'usage et du trafic illicites de stupéfiants et de substances psychotropes.

Revirement à la barre

Lors du procès, Y. Mohamed changera de version pour et tentera de convaincre être l’unique responsable de cette opération : « Mustapha et Kamel n’ont rien à voir avec cette affaire. C’est moi qui est monté cette affaire et la drogue m’a été confiée par un certain Samir », affirmera-t-il devant le scepticisme manifeste du président d’audience : « Tu veux t’accabler pour sauver les autres ? ». « Non, répond l’accusé, c’est la vérité ». De leur côté, ses co-accusés jureront ne pas être impliqués dans le trafic de drogue : Kamel répétera ignorer qu’il convoyait du kif et Mustapha expliquera que Mohamed l’avait incriminé pour se venger d’un affront qu’il lui avait infligé quelques temps semaines plus tôt : « Il venait s’encanailler devant chez moi avec des femmes. Un jour, nous avons eu une explication».

Le ministère public veut la perpétuité

Pour le ministère public, les choses ne sont pas aussi simples : « Les faits contenus dans le dossier d’accusation nous montrent que nous avons affaire à une bande organisée : un élément fournit la drogue, un deuxième organise le transfert et un troisième se charge du transport. » Le substitut du procureur en veut pour preuves l’arrestation de Kamel en flagrant délit de transport de drogue, l’itinéraire choisi pour sa discrétion et les aveux des accusés lors des premiers interrogatoires. Pour lui, les éléments constituant le crime de trafic de drogue en bande organisée sont bel est bien établis et il réclame la perpétuité pour les trois inculpés.

Dossier fragile, selon la défense

La défense, elle, se scinde en deux parties : d’un côté, celle de Y. Mohamed qui qualifie les aveux de l’accusé de courageux et réclame, pour cela, les circonstances atténuantes tout en tentant de d’innocenter son client des chefs d’accusation d’importation et de commercialisation de drogue. De l’autre, les avocats des deux autres accusés prennent appui sur les aveux de Mohamed et la fragilité du dossier d’accusation qui « n’apporte pas de preuves matérielles de la culpabilité » de leur mandants pour demander l’acquittement.

Au terme des délibérations, la cour donnera raison au ministère public et condamnera les trois accusés à 20 ans de réclusion criminelle.

S. Ould Ali

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