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Le blog de Samir Ould Ali

Il visite son frère en prison, 1 000 comprimés d'ecstasy dans la ceinture

26 Avril 2017 , Rédigé par Samir Ould Ali Publié dans #Oran, #Drogue, #Justice, #Tribunal criminel

Ce mardi 02 juin 2015, F. Hocine a, sans doute, eu la plus mauvaise idée de sa jeune vie. Sous l’effet de substances psychotropes, il s’est rendu à la prison de Remchi pour rendre visite à son frère… un millier de comprimés d’ecstasy dissimulés dans sa ceinture ! Les gardiens qui les ont découverts durant de la fouille ont dû y regarder à deux fois avant d’admettre l’incroyable : le jeune homme prétendait visiter son frère avec pas moins de 998 comprimés d’amphétamines pratiquement à la vue de tous. Même le juge qui a présidé l’audience, dimanche dernier, s’est étonné de tant d’inconscience : « J’étais sous l’effet de l’ecstasy », a lâché Hocine misérablement.

Interpellations

Immédiatement arrêté et interrogé, le jeune homme de  22 ans se met rapidement à table : il dit qu’il avait chargé par un certain H. Omar de transporter la marchandise à Sidi Bel-Abbès, chez un certain Houari, contre la somme de 100.000 DA. Parti de Maghnia où il réside, avec sa mère et sa sœur, avait décidé de faire une halte à Remchi pour visiter son frère qui purge une peine pour un délit mineur. Un chauffeur de taxi les attend à proximité de l’établissement pour les emmener à Sidi Bel-Abbès. Il est immédiatement interpellé par les services de sécurité qui trouvent dans sa voiture 7 téléphones portables et la somme de 110.000 DA. La thèse d’un trafic en d’ecstasy en bande organisée fait son chemin dans l’esprit des enquêteurs qui arrêtent, dans la foulée, B. Mohamed, l’homme qui a conduit Hocine et ses accompagnatrices de Maghnia à Remchi. Lui aussi se trouvait dehors, près de l’établissement pénitentiaire. Avec l’interpellation de H. Omar, fournisseur présumé de l’ecstasy, les enquêteurs présentent les quatre suspects à la justice comme faisant partie d’une bande spécialisée dans l’importation de produits stupéfiants commercialisés sur le territoire national. A l’issue de l’instruction, ils sont inculpés de trafic de drogue suivant les articles 2, 17 (alinéas 1 et 3) et 19 de la loi 04-18 relative à la prévention et à la répression de l'usage et du trafic illicites de stupéfiants et de substances psychotropes. Autrement dit,  ils seront poursuivis pour importation, détention et commercialisation de drogue en bande organisée et risquent jusqu’à la réclusion à perpétuité.

Le parquet requiert 20 ans

Durant le procès qui s’est tenu dimanche 23 avril 2017 au tribunal criminel d’Oran, F. Hocine ne varie pas dans ses déclarations : la drogue lui a été remise par H. Omar, et il devait la remettre à un certain Houari de Sidi Bel-Abbès. Toutefois, il déclarera que B. Mohamed et T. Bachir, le chauffeur de taxi, ne sont pas impliqués et ignoraient ce qui se tramait. De son côté, Hocine démentira les allégations de Hocine qui, dit-il, agit pas esprit de vengeance : « Il m’a vendu une moto et je ne lui avais pas remis la totalité de l’argent. Je suppose que c’est pour cela qu’il veut m’incriminer, parce je ne lui ai jamais donné ces comprimés ». B. Mohamed et T. Bachir nieront toute implication et clameront leur innocence. A propos des sept téléphones trouvés dans son véhicule, Bachir expliquera simplement : « Trois appartiennent à Hocine et deux autres à sa mère et sa sœur. Moi j’en possède deux ».

Dans un très bref réquisitoire la représentante du ministère public balaiera ces explications d’un revers de main et affirmera que la culpabilité des inculpés et prouvée. Elle réclamera 20 ans de prison et 200.000 DA d’amende pour chacun d’eux.

La défense plaide le défaut de preuves

Hormis l’avocat de F. Hocine qui n’a eu d’autre alternative que de réclamer les circonstances atténuantes pour son jeune client, « également victime des barons de la drogue », et qui « n’a pas tenté de se défiler », tous les autres avocats ont réclamé l’acquittement pour défaut de preuves tangibles et concrètes établissant des liens criminels entre leurs clients et le principal accusé. Pour eux, le dossier d’accusation n’a pas apporté les preuves pour soutenir les lourdes charges.

Pour autant, le tribunal criminel prononcera la culpabilité des prévenus et les condamnera à des peines allant de 3 ans de prison à 10 ans de réclusion criminelle pour F. Hocine.

S. Ould Ali

 

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