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Le blog de Samir Ould Ali

Oran : Peine capitale pour l’assassin d’El Ançor

21 Décembre 2016 , Rédigé par Samir Ould Ali Publié dans #Justice, #Oran, #Tribunal criminel

Le meurtre de Z. Miloud, employé dans une entreprise d’élevage de poulet d’El Ançor, à Oran, a-t-il été prémédité ou a-t-il était l’épilogue tragique d’une altercation entre deux jeunes avinés ? Ce fut là le principal point de discorde qui a apposé, hier lundi, le ministère public à la défense lors du procès de I. Fouad, assassin présumé de Miloud, S. Habib, poursuivi pour recel d’objets volés, et I. Ahmed, accusé de non-dénonciation de crime. Si le ministère public a accablé les trois accusés en requérant la peine capitale pour le premier, et des peines de cinq et trois de prison pour les autres, la défense a vigoureusement plaidé l’absence d’intention de tuer.
Les faits de cette affaire remontent à une nuit de l’hiver 2014 lorsque Z. Miloud appelle I. Fouad, 24 ans, et lui demande de s’approvisionner en alcool et de le rejoindre sur son lieu de travail, au village de Sidi Hamadi, à El Ançor, commune dépendant de la daïra d’Aïn Türck. Fouad, qui habite à Boutlélis, à environ 17 km de là, s’exécute et se rend dans le village balnéaire : « Nous avons un peu bu et le ton est rapidement monté à cause d’une dette de 3.000 DA. Il a sorti un couteau, m’a blessé à la main et là, je lui ai enroulé mon écharpe autour du cou et j’ai serré… Je ne sais pas s’il était mort quand je suis parti », a reconnu Fouad à la barre le jour du procès. Déclarations quelques peu différentes des « aveux complets » qu’il avait faits lors de l’enquête préliminaire puisque, d’après l’acte d’accusation, il a affirmé avoir « écrasé la tête de Miloud avec une bouteille de gaz butane pour être sûr qu’il était bien mort ».
Lorsque le cadavre est découvert le lendemain par le frère du défunt, l’écharpe rouge, portant l’inscription Manchester United, serrait toujours la gorge de Miloud…
D’ailleurs, l’autopsie effectuée par le médecin légiste a déterminé que la mort a été causée par un étranglement et violent coup porté à la tête qui a provoqué des lésions à la boite crânienne.
Selon l’enquête préliminaire, après son forfait, Fouad s’est emparé d’une soixantaine de poulets, de deux bouteille de gaz et trois sacs d’aliments pour animaux qu’il a chargés dans sa petite fourgonnette pour aller, avec son ami Habib, les écouler dans un marché de Mostaganem : « Nous sommes effectivement partis à Mostaganem mais je ne savais pas que la marchandise était volée », s’est défendu Habib lors du procès. Quant au cousin de Fouad, Ahmed, il a rejeté l’accusation de non dénonciation de crime pour la simple raison qu’il n’a appris la nouvelle que trois jours après le crime : « Ensuite, Fouad a menacé de m’incriminer si je disais quoi que ce soit », a-t-il ajouté devant la cour.
L’avocate de la partie civile, chargée de défendre les intérêts de la famille de la victime, a mis en évidence l’atrocité du crime (étranglement et écrasement de la tête) dont a été victime Miloud, modeste employé dans une entreprise d’élevage de poulets. Elle s’est également adossée aux aveux des accusés pour demander justice pour le défunt avant d’être subitement interrompue par le juge Zendaki Abderrahim qui lui a demandé de céder la parole au ministère public.
Dans son bref réquisitoire, celui-ci s’est contenté de rappeler la férocité des faits, en soulignant les aveux faits par les accusés, et requis la peine capitale contre I. Fouad et des peines de prisons contre ses deux co-accusés.
Dans leurs plaidoiries, les avocats de Fouad se sont échinés à démonter l’intention criminelle qui confère au meurtre le caractère d’assassinat : « Nous savons que c’est le défunt qui a demandé à Fouad de le rejoindre, l’enquête a démontré que tous les deux étaient ivres et les photos que vous voyez là (un des avocats fait passer des images devant la cour) montrent le désordre du lieu du crime et la bouteille d’alcool qui a été consommée. Il est, donc, évident que c’est une beuverie qui a tourné au tragique et qu’il ne s’agit pas du tout d’un meurtre avec préméditation », ont-il soutenu en substance en plaidant les circonstances atténuantes pour leur mandant.
La défense de Habib et Ahmed ont, de leur côté, affirmé que le dossier d’accusation n’apportait pas de preuves de recel d’objet volés, en ce qui concerne le premier, et de non dénonciation de crime, accusation pesant sur le second, la « connaissance du crime » étant un élément fondamental qui n’a pas été démontré. Les avocats plaideront l’acquittement.
Au retour de la salle des délibérations, la cour condamnera I. Fouad à la peine capitale, S. Habib à trois ans de prison et 500.000 DA d’amende I. Ahmed à une année de prison assortie d'une amende de 20.000 DA.
 
S. Ould Ali

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