Présentation

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 12:03
Il est des travaux de construction ou de rénovation qui, s’ils plongent momentanément une ville dans la gêne et le désordre, ne mettent pas directement la vie humaine en danger. Pour ne citer que cet exemple-là, le projet de réalisation du tramway d’Oran a certes mis la cité sens dessus-dessous et continue de susciter de très nombreux désagréments mais sans mettre en péril la vie des habitants. Il en est d’autres, en revanche, qui, s’ils ne sont pas bien réfléchis et bien gérés, provoquent le désarroi, la peur et, parfois même, de graves problèmes de santé. Et le chantier de rénovation du service d’oto-rhino-laryngologie (ORL) du CHU d’Oran compte parmi ceux-là.
On ne soigne pas les malades, on les balade
Dimanche 06 mai, 10 heures du matin. A l’entrée de l’hôpital, un groupe de personnes, une vingtaine tout au plus, gesticule et parle à voix haute, créant un attroupement qui gêne la circulation et entraîne l’intervention de deux policiers en uniforme. Renseignement pris, il s’agit de malades ayant été éconduits par les responsables du service ORL dont le personnel est en grève : «Depuis ce matin, on nous balade d’un service à un autre, dénonce l’un d’eux à voix haute. A l’ORL, on refuse de nous prendre en charge et l’Administration de l’hôpital nous répond qu’elle ne peut rien faire alors que nous avons payé les 100 DA, frais de la consultation. C’est quoi ce cirque ?!» Peu désireux de voir la situation prendre de l’ampleur, les agents de l’ordre tentent, tant bien que mal, de calmer les esprits et demandent aux contestataires de se diriger vers le service ORL en attendant d’être plus informés. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, ceux-ci acceptent de se rendre une nouvelle fois au service mais en menaçant de ne pas en sortir avant d’avoir obtenu satisfaction. Une fois sur les lieux, les malades se dirigent directement vers le bureau du chef de service, qui sous la pression promet qu’ils seront pris en charge et que, pour cela, ils devaient aller à l’ancienne Garnison où se trouvent les auscultations externes : «Je viens de donner des ordres pour qu’on vous reçoive ; je vous suis dans un instant !», promet-elle, le téléphone portable à la main. Rassurants, les deux agents de l’ordre prennent aussi l’engagement de se rendre à la Garnison.Sur le chemin qui sépare le service ORL de la Garnison, les malades n’en démordent pas : «Soit ils nous auscultent, soit je casse tout !», promet-on, les nerfs à vif par «tant de mépris et hogra» : «Je viens de Ténès, wilaya de Chlef depuis 1998 pour mes problèmes d’audition,  raconte une femme d’âge mûr. Et toutes les fois que je dois venir à Oran, il faut que je prenne des dispositions pratiques comme faire garder mes enfants et me débrouiller l’argent du voyage et des examens. C’est l’enfer, l’enfer !» Mais pourquoi ne se soigne-t-elle pas à Chlef ? «Parce que j’ai confiance en mon médecin traitant et qu’en principe le CHU d’Oran est un grand hôpital», répond-elle avec chaleur. «Cette femme doit subir une opération chirurgicale depuis une année, confirme plus tard son professeur. Et depuis une année, je reporte parce que nous n’avons pas les moyens d’exercer la médecine au service ORL.» 
Dans la procession qui chemine difficilement vers la Garnison (les allers-retours pèsent sur les jambes de ces malades dont certains sont âgés et souffrent d’hypertension artérielle), des jeunes souffrant aussi de problèmes ORL contiennent mal leur impatience : «Ce qu’ils nous font subir est inhumain et ce n’est pas pour rien que les jeunes préfèrent el harga à el hogra. A mon avis, il faut tout casser pour montrer qu’on ne plaisante pas !»¸ suggère l’un d’eux. «Qu’est-ce que tu vas gagner ? réplique un autre. Tu seras arrêté et jeté en prison !». Ce qui suscite un ricanement du premier : «M’en fous, je connais!»
Mesures exceptionnelles pour banales auscultations
Une fois à la Garnison - un ensemble de bâtiments abritant notamment le service infectieux - les malades trouvent les bureaux d’auscultation fermés, ce qui décuple la colère de certains et porte un coup au moral des autres qui se laissent lourdement tomber sur les bancs en bois : «Je suis sûr que la chef de service ne viendra pas et qu’elle s’est jouée de nous, tempête un homme, un coton enfoncé dans l’oreille gauche. Mayahechmouch ! (Il n'ont pas honte)» Et de fait, il apparaîtra plus tard que le chef de service a ainsi éloigné les malades pour pouvoir improviser une réunion avec le personnel médical et des responsables de la direction générale pour prendre des mesures exceptionnelles. Et lorsqu’une demi-heure plus tard, les malades ulcérés par le traitement qui leur a été infligé depuis le début de la matinée (un adolescent se tient la main ensanglantée par le violent coup de poing qu’il a donné à une fenêtre) sont revenus pour exiger des explications, ils ont trouvé le chef de service en compagnie des responsables de l’Administration : «Vous allez être auscultés, nous avons pris les mesures et le médecin vous attend», leur a-t-elle lancé en les priant de se rendre… à la Garnison. La présence d’un certain nombre de médecins à la réunion sembla rassurer les malades qui reprirent le chemin de la Garnison où ils purent enfin renouer avec l’ordinaire : la longue attente sur des bancs en bois, des plafonds dont la peinture tombe en lambeaux, une infirmière qui s’emporte la normalité du CHU d’Oran : «On dirait que c’est elle qu’on a fait balader toute la matinée, c’est fou ça !», murmure l’un des jeunes en jetant un regard courroucé à l’infirmière indélicate.
Ce n’est pas une grève
La pénible matinée que les malades ont vécue dimanche dernier n’est pas unique en son genre puisque le service ORL est en rénovation depuis plus de six mois : «Ce n’est pas une grève, explique un professeur exerçant au service en question. Notre pavillon est en rénovation et nous n’avons plus les moyens de prendre en charge les malades. Et nous sommes arrivés à un degré d’impuissance tel que nous avons décidé, nous médecins, de ne plus assurer les auscultations externes. C’est notre manière de nous solidariser avec le malade et de mettre la pression sur notre hiérarchie». D’ordinaire, le service accueille une trentaine de malades par jour et assure une vingtaine d’opérations chirurgicales par semaine ; mais depuis le début des travaux de rénovation, les auscultations se font de manière irrégulière et plus aucune intervention chirurgicale n’y a été réalisée (quelque 200 malades seraient en attente). 
D’ailleurs, dans une lettre adressée au chef de service, les médecins résidents du service ORL déplorent le fait que, depuis décembre, leur structure soit devenue un chantier de rénovation qui a considérablement réduit les activités du service. «Le bloc opératoire et l’unité d’exploration ne sont plus fonctionnels, l’unité d’hospitalisation ne compte que quelques lits pour les patients hospitalisés d’urgence, l’unité d’urgence a été transférée au pavillon 19 (UMC, Ndlr) sans prévoir les moyens nécessaires pour une garde d’urgence ORL», est-il énuméré dans ce communiqué consultable sur la page Facebook du Comité des médecins résidents d’Oran. Les signataires de la lettre, signée le 29 avril dernier, déplorent de nombreuses autres anomalies qui mettent en danger la santé des malades : «Nous en sommes arrivés à opérer un enfant dans un bloc conçu pour des adultes, ce qui est contraire à tous les protocoles et à tout ce que nous avons appris à l’université. Voilà où on en est arrivés par la faute d’une gestion désastreuse!!», dénonce un médecin du service ORL en insistant sur le fait qu’il n’est pas tant question de manque de moyens matériels et de ressources humaines que de la mauvaise gestion des dirigeants du CHU d’Oran : «Comment décider de mettre en rénovation un service, quel qu’il soit, sans prendre les mesures qui vont avec : ménager une structure d’urgence dotée des moyens appropriés, par exemple, veiller à ce que les travaux ne dépassent pas les délais impartis (en l’occurrence la rénovation de l’ORL devait durer 25 jours, selon notre interlocuteur, elle en est à six mois Ndlr)… Bref, ne pas se laisser déborder au point de mettre en danger la vie humaine.»
Alors que les patients atteints de maladies liées à l’oto-rhino-laryngologie vivent le calvaire en raison d’une mauvaise gestion caractérisée, les responsables de la Santé - forcément au courant de la situation - brillent par leur absence. Nous l’avons vu avec les malades baladés ce dimanche et cela nous a été confirmé par quelques membres du personnel médical du service ORL : «C’est une situation anormale qui, ailleurs, aurait provoqué le branle-bas dans les plus hautes sphères de l’Etat mais qui, chez nous, est vécue comme une fatalité.» Plus que jamais, les responsables de la Santé - du chef de service au ministre Djamel Ould Abbès - sont interpellés pour mettre un terme à cette situation catastrophique - qui n’est pas propre à l’ORL mais touche la majorité des services - et permettre aux malades de se soigner comme dans n’importe quel pays qui se respecte.
Par Samir Ould Ali - Publié dans : Reportage
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 13:42
Depuis bien des années, enseignants, parents d’élèves et spécialistes portent un regard très critique mais très lucide sur l’école algérienne et son évolution en deux décennies. Les premiers considèrent que l’école n’est plus l’espace de savoir et de connaissance qui permet à l’élève de se construire à l’abri des dangers de la rue et que leur travail à eux n’est pas reconnu à sa juste valeur, les deuxièmes déplorent que leurs enfants soient davantage les otages d’un conflit qui ne les sert en rien même si l’amélioration des conditions de travail des enseignants serait de nature à améliorer la qualité de l’enseignement et les spécialistes, enfin,tous affirment que l’école d'aujourd'hui ne favorise pas «l’interaction entre développement et apprentissage qui permettent à l’enfant d’évoluer, de construire des concepts, de développer son langage en lien avec le développement de ses capacités motrices, émotionnelles et sociales», comme nous l’explique Fatima-Zohra Sebaâ-Delladj, psychologue et experte au Comité des droits de l’enfant au sein de l’Union africaine : «Cette interaction, ajoute-t-elle, n’est possible qu’avec un programme scolaire respectant un certain nombre de règles tels l’aménagement du temps scolaire qui ne peut être conçu dans l’ignorance des rythmes biopsychologiques des enfants de tous âges, c’est-à-dire des phénomènes  combinant des variables biologiques et psychologiques, la formation continue des enseignants, l’organisation optimum des classes (peu d’élèves/classe, environnement propre, agréable, motivant...) et l’adhésion pleine et entière des parents au projet bien pensé de l’école.»
 
 Des critères qui, tout le monde en convient, sont loin d’être réunis dans une école qui est régulièrement secouée par les crises et qui n’arrive pas à se sortir de la précarité qui est la sienne malgré les affirmations contraires des pouvoirs publics : «Selon la Convention internationale des droits de l’enfant, poursuit Sebaâ-Delladj, nous devons garantir aux enfants et adolescents le droit à l’instruction mais aussi à développer une personnalité harmonieuse leur permettant d’exercer une citoyenneté pleine et entière. Ce qui n’est pas le cas chez nous»
 
Loin s’en faut puisqu’aucun signe augurant de prochains changements n’est venu rassurer des parents d’élèves angoissés par les sombres perspectives qui se dessinent : «Cette année comme les précédentes, se plaint la mère, quadragénaire, de deux enfants scolarisés, je suis effarée par la situation de l’école : tout le monde tâtonne et personne n’a l’air de savoir vers quel désastre nous nous acheminons. Je suis sûre d’une chose : ce n’est pas cette école que j’ai connue dans mon enfance.»
A l’évidence, il n’y a que le ministre de l’Education, l’inamovible Boubekeur Benbouzid, à se satisfaire de l’école et à s’enorgueillir des vertus de la réforme scolaire et des taux de réussite des examens de fin d’année. Même si de l’avis de la grande majorité des spécialistes et des enseignants, ces chiffres ne traduisent pas la réalité qui, elle, serait plutôt inquiétante.
Par Samir Ould Ali - Publié dans : Actualités
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 13:32
Depuis bientôt onze années, l’association culturelle Le Libre pinceau d’Oran* offre aux enfants d’Algérie la possibilité d’exprimer leur sensibilité artistique à travers un concours de peinture dont les lauréats sont récompensés le 1er juin, Journée de l’enfance, lors d’un salon national. «L’idée est aussi bien de promouvoir le talent artistique des enfants que de leur procurer la joie de participer à une compétition sanctionnée par des cadeaux en fin de parcours», explique le président de l’association, Nasreddine Bentayeb.De fait, dès l’automne de chaque année, un comité du salon est installé pour prendre en charge l’organisation de la manifestation qui, il faut le dire, n’est pas une sinécure : choisir la thématique (cette année, le choix s’est évidemment porté sur la commémoration du cinquantenaire de l’Indépendance), élaborer les courriers à envoyer aux différentes directions (Culture, Education, Jeunesse et Sports) et d’autres organisations comme les Scouts des 48 wilayas, réceptionner les réalisations picturales des enfants résidant dans les coins les plus reculés du pays, les trier selon des critères bien précis, évaluer la qualité artistique, pister les fraudes (oui, elles existent et cette année, 20 fraudeurs ont été démasqués !!), sélectionner les meilleurs, établir des dossiers, revérifier encore l’identité des enfants… sont les principales tâches dont le comité en question doit s’acquitter avant le salon final. «C’est un travail de longue haleine, qui nécessite beaucoup de sacrifices et demande des ressources financières que, souvent, nous n’avons pas», soupire notre interlocuteur en se remémorant toutes les fois où il a sollicité, en vain, l’aide des pouvoirs publics. «Cette année encore, nous avons essuyé le refus du ministère des Moudjahidine bien que la thématique porte sur l’histoire du pays. Mais nous avons l’habitude et nous ne baissons pas les bras !», ajoutera-t-il avec amertume.
 
Et les résultats obtenus en fin de parcours constituent probablement le moteur qui pousse les adhérents et amis de l’association à poursuivre ce travail tellement difficile et si pénible pour les nerfs. «La joie des enfants qui reçoivent les prix, la fierté qu’on peut lire dans le regard des parents, mais aussi la qualité des dessins réalisés et le fait que des enfants qui ont débuté avec nous en 2001 aient entamé des études dans les arts plastiques, nous réconcilient avec le travail associatif», sourit cet enseignant de dessin au lycée Hayet. «Et aussi lorsque nous recevons ce genre de courrier», se rappelle-t-il en exhibant une enveloppe jaune envoyée de Tiaret portant «Association Le Libre pinceau» comme seule inscription. «Il n’y a pas notre adresse et pourtant elle nous est parvenue», dira-t-il avec une joie mêlée de fierté.

 


Pour cette année, le Salon national de la peinture des enfants -qui est programmé à la Médiathèque du 1er au 16 juin- 27 lauréats ont été sélectionnés, dont les œuvres seront exposées sous verre, et quelque 480 dessins (soit dix par wilaya) seront exposés aux grand public. «Tous ces participants seront primés, nous n’oublierons personne. Mais les trois premiers recevront des cadeaux de qualité : un ordinateur pour le premier, un appareil photo numérique pour le deuxième et un ensemble bureau pour le troisième», souligne encore Nasreddine Bentayeb.Le président de l’association Le libre pinceau -dont le premier salon organisé en 2001 a regroupé trois wilayas- ne cache pas les ambitions expansionnistes de l’association, pour peu que les pouvoirs publics jouent le jeu. «Depuis quelques années, nous organisons un salon national qui regroupe réellement 48 wilayas ; je suis persuadé que nous pouvons nous ouvrir sur les pays voisins et réussir le pari de tenir une manifestation maghrébine», affirme-t-il.
 
Mais pour cela, il faut de sérieuses implications des institutions publiques et privées ainsi qu’un engagement politique qui dépasse le cadre des promesses...
 
Par Samir Ould Ali - Publié dans : Culture
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 22 avril 2012 7 22 /04 /Avr /2012 09:39

Une année jour pour jour après lassassinat de luniversitaire et militant des droits de lHomme, Ahmed Kerroumi, le collectif de ses amis et proches lui a rendu hommage, jeudi dernier au siège de la Ligue algérienne des droits de lhomme. 


Très émus, les participants à lévénement ont tenu à rendre un hommage  appuyé à celui qui, pour beaucoup, fut un exemple de probité et de dévouement dans lengagement. Après la projection dune vidéo retraçant le parcours, brutalement interrompu un certain 19 avril 2011, du professeur Kerroumi, des compagnons du défunt ont témoigné de la force de conviction jamais démentie du disparu dans la lutte contre les atteintes aux droits de lHomme. Que ce fût en tant quenseignant au lycée ou à luniversité, sous la bannière du PAGS et plus tard du MDS ou comme membre de la très récente Coordination nationale pour le changement et la démocratie, Ahmed Kerroumi a toujours milité activement pour la défense et la promotion des droits de lHomme et des libertés individuelles et collectives.


Les «amis dAhmed Kerroumi» ont également tenu à dénoncer avec force le laxisme qui marqué le traitement réservé par la justice à au dossier : «(...)Depuis une année, les choses semblent bouger au ralenti dans ce domaine. En effet, après plusieurs mois d'enquête et d'instruction, les choses semblent s'être figées devant la chambre d'accusation qui ne cesse de reporter, depuis près d'un mois, sa décision de renvoi de l'affaire ()», déplore notamment le MDS-Oran dans un communiqué rendu public mercredi dernier. Pour rappel, cest demain dimanche que la chambre daccusation du tribunal correctionnel de la cité Djamel devrait rendre son verdict dans cette affaire qui fait couler beaucoup dencre depuis une année et décider du renvoi du dossier au tribunal criminel ou au juge dinstruction pour complément dinformations.

En tout état de cause, une année après, le mystère reste entier sur les circonstances de la tragique disparition du professeur Kerroumi.

Par Samir Ould Ali - Publié dans : Actualités
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 20 avril 2012 5 20 /04 /Avr /2012 13:41

Une année déjà depuis que nous avons perdu, à l'instar de sa famille, ses amis, ses collègues et ses frères de combat pour une Algérie moderne démocratique et sociale, le bon père de famille, l'être sociable, bon et généreux, l'homme de piété, d'honneur et de principes, l'ancien syndicaliste et membre actif de la CNCD d'Oran, le militant de notre courant politique depuis le PAGS, l'intellectuel engagé qui était l'un des rares, ici à Oran, à savoir conjuguer la langue arabe au temps de la modernité et du progrès, l'universitaire et chercheur très prometteur qu'était notre camarade Ahmed Kerroumi! Une année déjà depuis cette perte cruelle, qu'ont aggravée les positionnements honteux et les agissements indignes et immoraux de certains, dont des journaleux, qui n'ont pas hésité, comme s'ils étaient missionnés pour tarir le flot des questionnements suscités dans l'opinion publique par cet acte criminel commis contre notre regretté camarade, à saisir cette occasion pour essayer de ternir son image. Comme si le venin qu'ils ont tout fait pour distiller contre lui dans l'opinion allait anesthésier les consciences et réduire la force des repères mémoriels que sont, entre autres, la gentillesse, la modestie, la générosité, la vaste culture, l'honnêteté intellectuelle, l'opiniâtreté dans la réflexion et l'engagement sans faille dans l'action généreuse pour ses idées dont il a fait montre de son vivant !

C’est avec beaucoup de peine que nous commémorons aujourd'hui cette cruelle disparition et que nous, militants et sympathisants du MDS, nous inclinons très respectueusement devant sa mémoire et persistons à exiger la vérité sur son horrible assassinat, sur son mobile, sur son ou ses auteurs et/ou commanditaires et que Justice lui soit rendue, convaincus de ce qu'en dernière instance, les magistrats n'ont de compte à rendre qu'à leur conscience!

Car depuis une année, les choses semblent bouger au ralenti dans ce domaine. En effet, après plusieurs mois d'enquête et d'instruction, les choses semblent s'être figées devant la chambre d'accusation qui ne cesse de reporter, depuis près d'un mois, sa décision de renvoi de "l'affaire" vers le tribunal criminel ou vers le magistrat instructeur pour complément d’information. Entre-temps, le jeune présumé coupable et qui ne cesse de clamer son innocence croupit toujours en prison; tandis que ses avocats ne cessent de dénoncer "une instruction à sens unique, invariablement à charge" du fait de la persistance, en dépit du très grave déficit de crédibilité auprès de l'opinion des institutions officielles et de la Justice en particulier, du refus qui est opposé à leurs demandes "d'accès à certains éléments matériels à charge mis sous scellés, d'une contre-expertise ADN, d'un réexamen plus poussé de l'historique des appels émis et reçus par le téléphone mobile de la victime durant sa disparition et l'audition de certains témoins-clés". Entre-temps, notre modeste local, un des rares espaces de liberté politique que nous avions ici à Oran, reste sous scellés et nos demandes de transfert de siège, où il nous est désormais psychologiquement et humainement impossible de travailler, demeurent sans suite!

 En cette triste circonstance, nous, ses amis militants du MDS-Oran, tenons à saluer toutes les initiatives qui sont prises en cette période pour lui rendre hommage et à renouveler notre sympathie et notre solidarité à sa famille et à ses amis. Tout en partageant leur douleur, nous les assurons de notre attachement à la continuation du combat dans lequel il était engagé à nos côtés pour une Algérie moderne démocratique et sociale. En dépit de la quasi clandestinité que nous subissons, nous restons mobilisés, dans le respect de la discipline républicaine que nous nous sommes imposés durant l'enquête et l'instruction, pour la défense de la mémoire de notre regretté Ahmed Kerroumi !

Oran, le 18 avril 2012
Ses amis et camarades du MDS–Oran

Par Samir Ould Ali - Publié dans : Actualités
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés