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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 10:30
Le meurtre de Z. Miloud, employé dans une entreprise d’élevage de poulet d’El Ançor, à Oran, a-t-il été prémédité ou a-t-il était l’épilogue tragique d’une altercation entre deux jeunes avinés ? Ce fut là le principal point de discorde qui a apposé, hier lundi, le ministère public à la défense lors du procès de I. Fouad, assassin présumé de Miloud, S. Habib, poursuivi pour recel d’objets volés, et I. Ahmed, accusé de non-dénonciation de crime. Si le ministère public a accablé les trois accusés en requérant la peine capitale pour le premier, et des peines de cinq et trois de prison pour les autres, la défense a vigoureusement plaidé l’absence d’intention de tuer.
Les faits de cette affaire remontent à une nuit de l’hiver 2014 lorsque Z. Miloud appelle I. Fouad, 24 ans, et lui demande de s’approvisionner en alcool et de le rejoindre sur son lieu de travail, au village de Sidi Hamadi, à El Ançor, commune dépendant de la daïra d’Aïn Türck. Fouad, qui habite à Boutlélis, à environ 17 km de là, s’exécute et se rend dans le village balnéaire : « Nous avons un peu bu et le ton est rapidement monté à cause d’une dette de 3.000 DA. Il a sorti un couteau, m’a blessé à la main et là, je lui ai enroulé mon écharpe autour du cou et j’ai serré… Je ne sais pas s’il était mort quand je suis parti », a reconnu Fouad à la barre le jour du procès. Déclarations quelques peu différentes des « aveux complets » qu’il avait faits lors de l’enquête préliminaire puisque, d’après l’acte d’accusation, il a affirmé avoir « écrasé la tête de Miloud avec une bouteille de gaz butane pour être sûr qu’il était bien mort ».
Lorsque le cadavre est découvert le lendemain par le frère du défunt, l’écharpe rouge, portant l’inscription Manchester United, serrait toujours la gorge de Miloud…
D’ailleurs, l’autopsie effectuée par le médecin légiste a déterminé que la mort a été causée par un étranglement et violent coup porté à la tête qui a provoqué des lésions à la boite crânienne.
Selon l’enquête préliminaire, après son forfait, Fouad s’est emparé d’une soixantaine de poulets, de deux bouteille de gaz et trois sacs d’aliments pour animaux qu’il a chargés dans sa petite fourgonnette pour aller, avec son ami Habib, les écouler dans un marché de Mostaganem : « Nous sommes effectivement partis à Mostaganem mais je ne savais pas que la marchandise était volée », s’est défendu Habib lors du procès. Quant au cousin de Fouad, Ahmed, il a rejeté l’accusation de non dénonciation de crime pour la simple raison qu’il n’a appris la nouvelle que trois jours après le crime : « Ensuite, Fouad a menacé de m’incriminer si je disais quoi que ce soit », a-t-il ajouté devant la cour.
L’avocate de la partie civile, chargée de défendre les intérêts de la famille de la victime, a mis en évidence l’atrocité du crime (étranglement et écrasement de la tête) dont a été victime Miloud, modeste employé dans une entreprise d’élevage de poulets. Elle s’est également adossée aux aveux des accusés pour demander justice pour le défunt avant d’être subitement interrompue par le juge Zendaki Abderrahim qui lui a demandé de céder la parole au ministère public.
Dans son bref réquisitoire, celui-ci s’est contenté de rappeler la férocité des faits, en soulignant les aveux faits par les accusés, et requis la peine capitale contre I. Fouad et des peines de prisons contre ses deux co-accusés.
Dans leurs plaidoiries, les avocats de Fouad se sont échinés à démonter l’intention criminelle qui confère au meurtre le caractère d’assassinat : « Nous savons que c’est le défunt qui a demandé à Fouad de le rejoindre, l’enquête a démontré que tous les deux étaient ivres et les photos que vous voyez là (un des avocats fait passer des images devant la cour) montrent le désordre du lieu du crime et la bouteille d’alcool qui a été consommée. Il est, donc, évident que c’est une beuverie qui a tourné au tragique et qu’il ne s’agit pas du tout d’un meurtre avec préméditation », ont-il soutenu en substance en plaidant les circonstances atténuantes pour leur mandant.
La défense de Habib et Ahmed ont, de leur côté, affirmé que le dossier d’accusation n’apportait pas de preuves de recel d’objet volés, en ce qui concerne le premier, et de non dénonciation de crime, accusation pesant sur le second, la « connaissance du crime » étant un élément fondamental qui n’a pas été démontré. Les avocats plaideront l’acquittement.
Au retour de la salle des délibérations, la cour condamnera I. Fouad à la peine capitale, S. Habib à trois ans de prison et 500.000 DA d’amende I. Ahmed à une année de prison assortie d'une amende de 20.000 DA.
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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 18:07

Aujourd’hui que les faits ont donné raison aux diabétologues et sociétés médicales qui avaient averti contre la commercialisation inconsidérée du RHB -produit inconnu, présenté comme un remède miracle contre le diabète alors même qu’il n’est pas passé par les tests et examens cliniques- les autorités s’empressent de retirer le pseudo-médicament du marché, multiplient les appels à la vigilance et tentent de prendre leurs distances avec une affaire qui a toutes les allures d’un scandale national.

Le ministre de la Santé, Abdelmalek Boudiaf, s'est exprimé mercredi pour soutenir que le RHB est un complément alimentaire et non un médicament contre le diabète « car ne répondant pas aux conditions requises par la réglementation concernant les produits pharmaceutiques », et le ministère du Commerce s’est fendu d’un communiqué pour annoncer « les services du contrôle de la qualité et de la répression des fraudes du ministère du Commerce ont procédé au retrait de ce produit avec des prélèvements aux fins d'analyses et de vérification de sa conformité », allant même jusqu’à brandir la menace de « sanctions administratives et pénales » contre les pharmacies d'officines et les commerçants qui mettraient en vente ce produit « avant l'obtention des résultats et des analyses ».

Cet empressement des officiels à vouloir se démarquer du RHB -qui, on le sait désormais, a provoqué de nombreux accidents chez des diabétiques qui, séduits par les promesses illusoires de guérison, soutenues par certains médias, ont abandonné leur traitement à base d’insuline- cache mal la volonté évidente de se dédouaner de leur responsabilité pourtant indiscutable : bien qu’il n’ait pas été testé selon les protocoles en vigueur pour les produits pharmaceutiques, le RHB a été mis en vente avec la bénédiction des autorités nationales et, pour des raisons qu’il restent encore à déterminer, les alertes lancées par les spécialistes n’ont pas été entendues. Il aura fallu que des hospitalisations pour coma diabétiques et des dégradations de santé chez des malades ayant substitué le RHB à leur traitement (sept cas d’hyperglycémie ont été signalés à Oran), pour que les autorités se décident à réagir.

Plusieurs questions restent posées : Comment se fait-il que le RHB, pourtant destiné à la consommation humaine, n’a pas été soumis préalablement aux tests cliniques ? Par quel prodige a-t-il passé les filtres que constituent le Comité national du diabète du ministère de la Santé et le Comité du diabète de la direction du médicament ? Pourquoi les autorités compétentes ont-elles autorisé la mise en vente du produit ? Bref, comment des instances censées protéger la santé des Algériens ont-elles pu, au mieux, se laisser gruger, au pire, se rendre complice de la mise en danger de la vie des diabétiques ?

Aujourd’hui, les plus hautes autorités de l’Etat sont vivement interpellées pour déterminer les responsabilités et faire toute la lumière sur la légèreté criminelle avec laquelle l’affaire RHB a été traitée. Le malade peut-être coupable de crédulité, comme l’a déploré un responsable sur les ondes de la radio jeudi dernier, les autorités ne peuvent se permettre d’être naïves.

Pas à ce niveau de responsabilité.

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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 19:11

A Oran, on ne parle plus que de ça : le RHB, remède annoncé contre le diabète, découvert par un le chercheur algérien Toufik Zaibet, arrive et sera mis en vente incessamment. Mais est-il réellement efficace ? Quand va-t-il être distribué dans les pharmacies et pourquoi les médecins se refusent-ils toujours de l’« adouber » ?

Rush sur les pharmacies

Depuis l’annonce de sa prochaine mise sur le marché, les diabétiques sont sur des charbons ardents et les pharmaciens ont du mal à tempérer les ardeurs. “Nous avons enregistré de très nombreuses demandes ces dernières semaines mais jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons pas encore été livrés malgré les commandes”, indique cette pharmacienne de Bir El-Djir en précisant que contrairement à ce que la majorité des diabétiques croient, il ne s’agit pas d’un médicament mais d’un complément alimentaire.
“Les malades ne doivent en aucun cas suspendre leur traitement et le RHB doit être pris en complément. Il est important de le savoir”.
En raison du manque d’information et des zones d’ombre qui entourent le RHB, beaucoup de diabétiques ne savent, effectivement, pas quelle attitude adopter. “Je ne sais pas ce qu’il convient de faire, admet Rabah, 66 ans, diabétique de longue date. Je nourris de grands espoirs depuis que j’en ai entendu parler à la télévision mais il semble que ce ne soit pas le remède miracle annoncé. Certains disent qu’avec le RHB, on peut arrêter la médication de manière graduelle, d’autres que l’on ne doit surtout pas suspendre le traitement et mon médecin refuse de m’autoriser à le prendre. Mais j’avoue que je ne peux pas réprimer mon impatience.”

Incertitudes et scepticisme

Les incertitudes qui entourent ce “produit miracle” n’empêchent pas des milliers de diabétiques d’Oran de se rendre dans les différentes pharmacies de la ville pour s’enquérir de l’arrivage du RHB et passer commande. “J’ai déjà vendu quelques boîtes et je dois recevoir un autre quota en fin de journée (mardi 28 novembre, ndlr)”, déclare un pharmacien du quartier de Seddikia. “Je ne sais pas si c’est efficace, mais je sais que la demande est importante et que certains clients auxquels j’en ai déjà vendu, il y a quelques jours, en redemandent”, assure-t-il.
Annoncé la deuxième quinzaine de novembre, l’écrasante majorité des pharmacies oranaises n’a cependant pas encore reçu sa commande en RHB. “Il doit y avoir un problème chez les grossistes, avance la pharmacienne de Bir El-Djir. Ils ont annoncé la distribution à partir de la semaine passée mais jusqu’ici, nous attendons toujours. Il y a même des rumeurs qui parlent de produits contrefaits”. Plus retenus, voire ouvertement hostiles à l’arrivée de ce nouveau-venu, les médecins ne veulent pas encore s’engager sur un produit qui, bien qu’ayant manifestement reçu la bénédiction du ministre de la Santé, n’en continue pas moins de nourrir les suspicions.
Principal argument du corps médical : le RHB n’est pas passé par la procédure classique avant d’être commercialisé. “Je ne suis pas sûr que le RHB ait été soumis aux différentes étapes de contrôle qui précèdent la mise sur le marché d’un produit destiné à la consommation humaine”, relève le Dr Aït Aïssa Karim, spécialiste en endocrinologie et diabétologie basé à Oran, pour étayer son évident scepticisme. “Lorsque des malades viennent me consulter sur ce complément alimentaire, j’essaie d’expliquer que le médicament doit passer par une série d’examens rigoureux qui peuvent durer six années. Or, ce n’est manifestement pas le cas du RHB, dont nous ignorons les composants et les effets qu’il peut éventuellement entraîner sur les malades.” Et en bon pédagogue face à des malades qui veulent y croire malgré tout, le spécialiste ne ferme pas totalement la porte à l’espoir. “S’il s’agissait de moi ou d’un membre de ma famille, j’attendrais un peu…”

Levée de boucliers

En scientifique qui se respecte, le Dr Aït Aïssa déplore, par ailleurs, le choix, pas forcément innocent, d’un nom à consonance religieuse pour le complément alimentaire: RHB, Rahmat Rabi (littéralement, miséricorde de Dieu), dont on peut constater l’impact sur l’imaginaire populaire à travers l’engouement des malades sur les officines pharmaceutiques. Ces mises en garde rappellent la levée de boucliers de la communauté médicale, notamment les diabétologues et endocrinologues, qui avaient suivi l’annonce par une chaîne de télévision algérienne de “remède miracle” contre le diabète. Une pluie de commentaires scandalisés s’est abattue sur les réseaux sociaux et les sociétés savantes avaient crié au scandale. “Il est scandaleux de faire la promotion d’un homme et d’un produit sans prendre les précautions nécessaires pour protéger les patients. Si les choses avancent à ce rythme, des milliers d’enfants tomberont dans le coma et les conséquences seront irréversibles”, ont dénoncé la Société algérienne de diabétologie, l’Association nationale des endocrinologues et diabétologues libéraux, la Société algérienne de médecine interne et le Conseil national de l’Ordre des médecins. “On s’interroge justement sur les constituants de ce produit et si toutes les procédures prévues par la réglementation ont été respectées”, ont-ils également averti.
“Mes parents sont diabétiques et je serais heureuse qu’ils en guérissent mais en l’état actuel des choses, jamais je ne leur permettrais d’acquérir ce produit”, affirme Louisa, médecin généraliste, qui préfère, elle aussi, attendre pour voir de quoi demain sera fait. Attitude que la majorité des diabétiques d’Oran semblent refuser de suivre, eux qui se rendent quotidiennement dans les pharmacies pour s’enquérir de la disponibilité du produit miracle. “Je suis assailli par les sollicitations et j’ai même un registre sur lequel j’inscris les commandes car elles sont nombreuses et je ne suis pas sûr que nous pourrions les satisfaire”, indique un pharmacien de Akid-Lotfi qui dit avoir reçu un quota de quelques boîtes qui “sont parties très vite”.
À Oran, ni les mises en garde des médecins et des pharmaciens ni le prix relativement élevé du RHB (1 700 DA) et non remboursable ne découragent les diabétiques. Il reste que si les spécialistes ont raison et que le RHB s’avère nuisible à la santé des malades, le ministère de la Santé portera une lourde responsabilité. Dans le cas contraire, Toufik Zaibet et l’Algérie pourront se targuer d’être derrière la plus importante découverte médicale du XXIe siècle. Que même un prix Nobel ne parviendra pas à récompenser.

S. Ould Ali

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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 18:45
Rarement des faits rapportés dans un procès pour meurtre n’ont été aussi violents que ceux jugés, lundi dernier par la cour criminel d’Oran, dans le cadre de l’assassinat d’une jeune fille par son propre père. Par son acharnement contre sa fille autant que par l’absence manifeste de regrets au cours de l’audience, le père-assassin a confirmé qu’entre l’homme et l’animal, la frontière peut parfois être très mince, voire inexistante.
Cela s’est passé en décembre 2015, à Mers El Hadjadj (localité balnéaire située à mi-chemin entre Oran et Mostaganem) lorsque A. Laïd, 47 ans, divorcé, a entrepris de battre sa fille Sara, 18 ans, pour la punir de sa tentative de fuguer : « Il a commencé à la frapper avec un bout de bois à partir de 15h00 et il ne s’est arrêté qu’aux environs de 20h00 lorsqu’il a constaté qu’elle était morte » a témoigné Khaoula, sœur de Sara, devant la gendarmerie. « Quand il était fatigué de frapper, il se reposait un peu avant de reprendre le bâton… Un moment donné, il soulevé ma sœur du sol, à l’aide du bâton coincé sous sa gorge », a continué le témoin en ajoutant que son père criait : « Soit je te tue, ou je t’envoie à l’hôpital ! ».
Plus tard, le médecin légiste établira que la victime est morte des suites de 22 coups reçus à travers tout de son corps.
Lorsqu’après avoir vainement tenté de la réanimer, Laïd réalise que sa fille est morte, il ordonne à Khaoula de la laver avec l’intention évidente d’enterrer le corps dans la cour de la maison. Et quand, en revenant du travail ce soir-là, le frère demande des nouvelles de Sara, son père lui rétorque qu’elle a pris des médicaments, qu’elle est très malade.
Le lendemain, Laïd vend le téléviseur et loue un taxi pour se rendre à Fornaka, dans la wilaya de Mostaganem, pour chercher sa sœur et sa nièce. Seule celle-ci, Nora, consent à accompagner son oncle à Mers El Hadjadj où elle accompagne sa cousine Khaoula porter dans le voisinage la nouvelle de la mort de Sara. La gendarmerie qui est informée arrive sur les lieux et constate que la mort n’était manifestement pas naturelle. Une enquête est alors lancée, qui déterminera que Sara a été battue à mort par son propre père.
Laïd ne fera, du reste, aucune difficulté pour reconnaître les faits qui lui sont reprochés en justifiant son comportement par l’attitude de sa fille qui avait maille à partir avec la justice et la police.
Comparaissant lundi pour meurtre avec préméditation, le prévenu maintiendra ses aveux mais n’exprimera aucun regret ni repentir. Il tentera vaguement de justifier son geste par la « conduite dissolue » de sa fille Sara qui « fuguait tout le temps et avait des problèmes avec la police et la justice ».
Dans son réquisitoire, le ministère public réclame la peine de mort pour le père assassin « qu’aucun remord ne semble tarauder ». Il le dépeindra comme un être monstrueux qui s’est acharné pendant quatre heures sur sa fille « se reposant quand il était fatigué », qui n’a pas perdu son sang-froid devant son fils et qui aurait, sans doute, fini par enterrer le corps dans la cour de la maison ». Pour brosser un tableau plus complet de la personnalité du prévenu, le magistrat ajoutera que Laïd a déjà été condamné pour coups et blessures, poursuivi pour attentat à la pudeur et également pour violences sur ascendant.
L’avocat de la défense (désigné juste avant l’audience dans le cadre de l’assistance juridique, il aura eu à peine le temps de prendre connaissance de l’arrêt de renvoi) tentera, sans conviction, de baser sa plaidoirie sur la « vie dissolue » de la victime, qui était source de problèmes pour son père. Il demandera les circonstances atténuantes.
Avant de lever l’audience pour rentrer en délibérations, le président d’audience exhibera à l’adresse de l’accusé un certificat de virginité démontrant que Sara est morte pure.
Laïd sera finalement condamné à 18 ans de réclusion criminelle.
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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 13:10

«Si l’Algérie parvient à dépasser certaines entraves bureaucratiques, elle pourra améliorer la prise en charge du cancer à court terme». C’est l’une des phrases-clé que le professeur Kamel Bouzid, président de la Société algérienne d’oncologie médicale, a glissées dans le rapport final sur le plan de lutte contre le cancer qui sera soumis à la présidence cet octobre.

 

Saluant la décision du président de la République «d’inscrire la lutte contre le cancer comme chantier présidentiel», le «grand nombre» d’infrastructures hospitalières réalisées à travers le territoire national et «l’amélioration de la prise en charge sanitaire» des malades, le chef de service du Centre spécialisé dans la lutte contre le cancer «Pierre et Marie Curie» prévient, toutefois, contre cette bureaucratie qui -comme la mauvaise gestion, les malversations, la corruption et d’autres maux encore- a permis au cancer de «s’épanouir» dans la société algérienne et toucher plus de personnes: en 20 ans, le nombre de cas est ainsi passé de 80 à 120 cas pour 100.000 habitants et, dans les cinq prochaines années, ce nombre devrait évoluer au même rythme que les pays avancés (où la population, faut-il le souligner, est deux ou trois fois plus importante que la nôtre). Depuis les années 90, le problème de la radiothérapie a désormais pris des dimensions dramatiques, les parents d’enfants atteints ne savent plus où donner de la tête pour bénéficier d’un lit et, impuissants à réagir devant les innombrables tragédies qui se présentent à eux, certains personnels médical et paramédical voient leurs nerfs lâcher et sont contraints au repos ou, pire, à des soins psychiatriques.

 

La situation est à ce point grave que les médecins ont souvent recours aux décisions extrêmes pour sauver la vie : à cause du manque de moyens matériels, on décide ainsi de couper l’organe plutôt que de supprimer la zone atteinte de cancer. Ce n’est donc pas pour rien qu’au cours d’une émission radio hier lundi, une responsable  de l’association de lutte contre le cancer El Amel a estimé qu’en Algérie «la négligence est aussi responsable que le cancer» dans la perte des vies humaines, la destruction de malades mal soignés et les déchirements qui touchent fatalement leurs parents et leurs familles.

A côté du plan national de lutte contre le cancer, il faudra donc mener de front la lutte contre la bureaucratie, la corruption et tous les maux qui entravent l’évolution vers un monde meilleur.

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 13:06

Il en est pour la téléphonie mobile en Algérie comme pour d’autres secteurs tels la Santé ou l’Education nationale: on veut absolument -et à tout prix- introduire les technologies les plus avancées alors même que l’on n’est pas encore parvenu à résoudre les problèmes les plus élémentaires. On importe des équipements sophistiqués dans pour les hôpitaux alors que les malades sont priés d’apporter leur literie ou de faire leurs analyses chez les laboratoires privés, et on équipe les écoles d’ordinateurs pendant que les cantines sont fermées et les classes démunies d’appareils chauffants.

 

Aujourd’hui, la licence de téléphonie 3G occupe l’actualité et suscite les passions pendant que les utilisateurs d’internet continuent de se plaindre de la lenteur du débit internet, de coupures intempestives, de la faiblesse de couverture et d’autres désagréments que des pays beaucoup moins bien lotis ont éradiqués voilà quelques années déjà. Aujourd’hui encore, en ce septembre 2013, des Algériens, résidant dans de grandes villes, ne sont toujours pas connectés à internet et prennent leur mal en patience en attendant des jours -et des hommes- meilleurs. Aujourd’hui encore, pendant que des responsables pérorent sur les bienfaits de la 3 G, des abonnés doivent prendre un ticket et attendre leur tour pendant 2 heures (dans un environnement sans Wifi, ce qui est comble pour les opérateurs de téléphonie) avant de pouvoir payer leur abonnement. Et, il n’est pas rare, naturellement, que des utilisateurs stressés, parce que soumis à d’autres obligations, perdent patience et s’en prennent à des agents souvent impuissants.

 

Beaucoup d’Algériens aspirent à un débit supérieur ou la visiophonie promise par la 3G mais davantage rêvent d’être d’abord connectés, de ne pas souffrir des désagréments d’un autre âge et de pouvoir (pourquoi pas ?) payer leurs factures… par internet.

 

A bien des égards, on continue en Algérie de s’occuper du futile en oubliant l’essentiel.

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 13:04

A la veille de chaque rentrée scolaire, les sujets de discussions et débats -dans les foyers comme les médias- tournent invariablement sur le prix des articles scolaires, la disponibilité et le coût des manuels, le poids des cartables, la surcharge dans les classes, les nouvelles infrastructures ou encore la disponibilité des enseignants. Mais rarement autour de la situation de l’éducation artistique et l’éducation physique et sportive qui demeurent parmi les disciplines les moins valorisées par l’école et la société algériennes malgré le rôle fondamental, unanimement reconnu par les spécialistes, dans le développement et l’épanouissement des apprenants : «Une éducation artistique de qualité permet d’augmenter la coopération, le respect, le sens de la responsabilité, la tolérance et l’esprit critique, et a un impact positif sur le développement de la compréhension scolaire, sociale et culturelle. De même, une éducation artistique médiocre ou une absence d’éducation artistique peut bloquer le développement de la créativité et de l’imagination», a notamment estimé l’Unesco au cours d’une étude commandée en 2004-2005 sur l’impact des programmes artistiques sur l’éducation des enfants et des jeunes dans le monde.

 

Les bénéfices éducatifs de l’art

Etant entendu que les nations développées ont déjà, en grande partie, réglé la problématique de l’enseignement des arts dans les écoles, il apparaît que des pays en développement ont assimilé la nécessité d’intégrer l’éducation artistique dans leurs politiques éducatives et la traduisent sur le terrain: «A la Barbade, rapporte l’étude, les danses et chants folkloriques font partie du programme d’éducation artistique, tandis qu’au Sénégal, l’art floral, l’art des nombres, le batik (technique d’impression des étoffes, Ndr), la céramique, le conte oral, la mode, la coiffure, la fabrication d’accessoires vestimentaires et la couture font tous partie du programme d’éducation artistique (…) En Inde, on note un désir de reconnaître les bénéfices pour le corps et l’esprit de formes artistiques comme la méditation et le yoga. De même, en Malaisie et au Bhoutan, on accorde une grande attention à l’harmonie née de la pratique des arts. On mène des recherches sur les bénéfices éducatifs de l’art : il contribue au bonheur de l’enfant et à son épanouissement total. Ce lien de l’éducation artistique à des principes de base ésotériques est aussi présent dans les pays d’Amérique du Sud et dans les Caraïbes où ces principes soulignent non seulement les bénéfices thérapeutiques et intérieurs, mais admettent la capacité de l’éducation artistique à construire la citoyenneté et à donner un sens d’appartenance à une communauté et à une démocratie (…)» Des efforts sont ainsi consentis, à la fois, dans un souci de transmission de l’héritage culturel mais aussi pour accompagner le développement des enfants et leur préparation à la vie d’adulte.

 

Le fossé entre le discours et la réalité

Bien que n’étant pas mentionnée parmi les exemples ainsi cités par le document de l’organisation onusienne, l’Algérie a tout de même opéré des tentatives pour «ménager» une meilleure place aux arts dans sa politique éducative. Du moins, sur le papier. Un exemple parmi d’autres : Le plan d’action de mise en œuvre de la réforme du système éducatif de Benbouzid (retenue par le Conseil des ministres en avril 2002) préconise que «l’éducation artistique doit être généralisée à tous les niveaux et introduite à titre optionnel dans les épreuves du baccalauréat et du brevet.» Dix années après, le dessin, la musique et le chant «survivent» péniblement dans une école sinistrée qui n’arrive toujours pas à se débarrasser de ses démons. Sans doute que l’Algérie fait partie de cette catégorie de pays où, selon l’étude l’Unesco, il existe «un fossé entre la politique annoncée en matière d’enseignements artistiques et la réalité des moyens médiocres dans les classes.» Comment prétendre le contraire lorsque la majorité des écoles ne disposent pas d’ateliers de dessin ou de salles de musique ?

 

S. Ould Ali

 

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 12:00

Lire Hennini wen-hennik ou Vivre et laisser-vivre, le dernier livre de Djelouat Nourine, enseignant en économie mais aussi (et, parfois, surtout) entraîneur de judo, permet de mieux appréhender les difficultés qui handicapent le judo algérien et l’empêchent d’accéder au rang mondial qui devrait être le sien.

Bâti sur une série d’entretiens et de témoignages avec des acteurs-fonctionnaires du judo national - désabusés et, pour certains, réticents à la parole - qui, pourtant, ont accompagné des athlètes à la consécration, Hennini wen-hennik braque le projecteur sur ces mille et une entraves, très algériennes, qui ralentissent la réémergence d’un judo performant et de haut niveau : absence de vision claire, réflexes régionalistes, absence d’organisation et de formation de jeunes talents, opacité et inefficacité des ligues… et d’autres anomalies, sur fonds de luttes d’intérêts inavouables, participent, selon le livre, de l’affaiblissement de ce sport - classé catégorie A par le ministère de la Jeunesse et des sports au même titre que le football ou le handball - qui a, quelques-fois, permis au drapeau national de flotter dans le ciel olympique. Et tous les témoignages que l’auteur a recueillis depuis 2010 convergent vers cette seule conclusion, applicable à toutes les disciplines sportives, qui explique les échecs des dernières années: le judo se trouve entre des mains maladroites pendant que les compétences sont marginalisées.

Lire Hennini wen-hennik, c’est également comprendre que le malheur du judo se trouve aussi dans l’absence de normes dans une société en manque d’équilibre : «Djelouat s’efforce surtout le témoin attentif de souffrances incisives, constamment passées sous silence. Tout se passe comme s’il levait la main, à notre adresse, pour nous interpeller, nous convier à la prise en charge sérieuse et politiquement engagée d’une épaisseur sociale et humaine (…) Il n’incrimine personne nommément, ne s’intéresse qu’aux Sujets écrasés par la morgue ambiante, et laisse à chacun le droit ou le devoir, c’est selon, de se remettre en cause tant sur le plan de la compréhension des choses que des pratiques de travail et d’organisation (…)», écrit, notamment, en préface du livre, Ahmed Saïfi Benziane, universitaire et auteur.

On peut, toutefois, reprocher à Djelouat l’usage d’un style lourd, chargé, qui pourrait paraître incommodant pour le lecteur: «C’est un choix assumé pour rendre l’essentiel de l’atmosphère qui prévaut dans le milieu évoqué», rétorque l’auteur en souriant.

Djelouat Nourine est maître-assistant chargé de cours en sciences de gestion à l’université d’Oran et se consacre régulièrement à l’entraînement de jeunes judokas à titre bénévole. Ceinture noire de 3ème Dan, il a été notamment champion d’Algérie par équipes (juniors) en 1971-1972, champion d’Algérie universitaire (-78 kg) en 1983, co-entraîneur de l’Association sportive du complexe militaire d’Oran (1982 à 1987) et évolue actuellement à l’Association des sports de combats et d’athlétisme d’Oran. Publié à compte d’auteur, Hennini wen-hennik ou Vivre et laisser-vivre est son troisième livre après Algérie orpheline (Hiwar Com, 1991) et Vivre son judo (Dar El Gharb, 2007).

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 19:27

img021La famille de Mohamed Khemisti qui a commémoré, le 04 mai dernier, le cinquantième anniversaire de l’assassinat du premier ministre des Affaires étrangères de l’Algérie indépendante, continue de réfuter la thèse de l’acte isolé et de s’interroger sur les circonstances réelles qui ont conduit à ce lâche assassinat, intervenu en avril 1963. Pour la veuve du défunt, Mme Mechiche, ses neveux et nièces, le mystère demeure entier : «Les doutes sur la version retenue et livrée à l’opinion par les autorités de l’époque sont absolus. La thèse de l’acte individuel puis celle du ‘’suicide’’ de l’assassin, dans sa geôle de la prison d’El Harrach, le 20 Juin 1965, le lendemain du coup d’Etat qui a renversé Ben Bella, ne sont pas crédibles», peut-on lire dans le communiqué que la famille du défunt avait transmis à la presse,  la veille de cette commémoration. Confiants que la «vérité sur ce meurtre éclatera un jour», les rédacteurs du document appellent à l’ouverture des archives de la police et de la justice pour lever le voile sur ce drame qui n’a pas encore livré tous ses secrets.

Pour rappel, le jeudi 11 avril 1963, le fringant ministre, âgé de seulement 33 ans, venait de quitter l’Assemblée nationale où il avait participé à une réunion sur le budget, quand il reçut plusieurs balles tirées par un certain Mohamed Zenadi qui -l’enquête devait le déterminer plus tard- était journaliste au quotidien le Peuple. Grièvement touché, il a été immédiatement transporté à l’hôpital où il a lutté contre la mort pendant trois semaines. Son décès, officiellement constaté le 4 mai, a provoqué l’indignation et l’émoi des Algériens (ils seront des dizaines de milliers à l’accompagner à sa dernière demeure) pour la perte brutale d’un brillant ministre, dix mois après l’accession du pays à l’indépendance et six mois après sa nomination aux Affaires Etrangères : «C’est avec beaucoup de scepticisme que la thèse officielle sur son meurtre a été accueillie […]. Nombreux sont ceux qui s’interrogent encore sur les véritables mobiles de cet acte et sur l’identité de ses commanditaires», poursuit encore le communiqué dont les rédacteurs sont catégoriques : il s’agissait bien là d’une «liquidation physique» obéissant à des considérations de «règlement des conflits et de désaccords», dans la même veine des «affrontements fratricides et sanglants du premier été de l’indépendance».
Condamné à mort, puis grâcié et sa peine commuée en détention à perpétuité, Mohamed Zenadi sera retrouvé mort dans sa geôle, à la prison d’El Harrach, le 20 juin 1965, au lendemain du renversement d’Ahmed Ben Bella par Houari Boumediène. Les autorités retiendront la thèse «du suicide par pendaison» mais, là aussi, les proches de Khemisti mettent en doute la crédibilité de cette version.
Aujourd’hui, après un demi-siècle de doute, les proches de Mohamed Khemisti estiment que l’accès aux archives de la police et de la justice permettra de mettre la lumière sur les zones d’ombre qui continuent de planer sur ce meurtre et (pourquoi pas ?) déterminer «les véritables mobiles de cet acte et l’identité de ses commanditaires.» A défaut, cela aidera peut-être à apaiser les douleurs…

 

Petite biographie d'un grand homme 
Mohamed Khemisti est né le 11 août 1930 à Maghnia, wilaya de Tlemcen. Fils d’un petit fellah,79.jpg dépossédé de son lopin de terre, il était le cadet d’une famille de cinq garçons et deux filles. Son père put inscrire Mohammed à l’école primaire. Son certificat d’études en poche, il put se faire embaucher dans le chantier de construction du barrage de Beni Bahdel. Après ce petit boulot, il se rend en France pour rejoindre son frère Abdeldjebbar qui lui trouve du travail dans un bureau d’études à Toulon. Après un court séjour, il retourne au pays et est encouragé par ses frères à poursuivre ses études. Sans ressources suffisantes pour s’inscrire dans un lycée, Mohamed Khemisti étudiera seul chez lui et préparera son baccalauréat, qu’il passera avec succès en candidat libre.
Engagement politique
Bachelier option mathématiques, il s’inscrit à la faculté de médecine de Montpellier. Il est donc en France lorsque la révolution du 1er novembre 1954 est déclenchée. Dès la création de l’Ugema, l’Union Générale des étudiants musulmans algériens, Mohamed Khemisti y milite. Secrétaire général de la section de Montpellier, il fera partie du comité exécutif à Paris, puis présidera le congrès de la première organisation étudiante qui a regroupé toute l’élite universitaire nationale engagée pour la libération du pays. Le congrès de l’Ugema s’est déroulé du 24 au 30 mars 1956 à Paris  et s’est conclu par des revendications, dont l’indépendance nationale, la libération de tous les détenus et l’ouverture des négociations avec le FLN.
Il participe à la création de l’équipe de football du FLN, dont il fut le chef de délégation lors de ses pérégrinations à travers tous les continents. En 1957, lors du Festival mondial de la jeunesse à Moscou, la délégation présidée par Mohamed Khemisti, partie de Paris en train, gagna Moscou en traversant l’Allemagne et les pays de l’Est, acclamée à chaque arrêt par les populations des pays de l’Est. Sur place, l’enjeu était de taille : pour la première fois, une délégation algérienne était présente dans une grande manifestation internationale. Là, les patriotes algériens apprennent, non sans surprise, que les organisateurs du festival leur refusaient de défiler avec leur drapeau national. A cette occasion, Mohamed Khemisti, malgré son jeune âge, se montra fin politique et fit preuve de diplomatie et de fermeté. Il dira : «La présence du drapeau algérien ne se négocie pas. C’est pour lui que nous sommes là.» Au stade Lénine, Nikita Khrouchtchev, secrétaire général du Pcus, et Nikolaï Boulganine, président du Conseil des ministres, ne se seront levés qu’une seule fois : c’était pour saluer le drapeau vert et blanc au croissant de lune, à l’étoile, frappée de rouge, symbole de l’Algérie en lutte.
28Il contribue à développer la solidarité avec la lutte du peuple algérien. La délégation qu’il préside se rend en Chine et au Viet Nam, où elle est accueillie très chaleureusement. Elle sera reçue par Chou En Laï, Premier ministre de la République populaire de Chine, puis par Ho Chi Minh, le grand dirigeant vietnamien. De retour en France, il est arrêté le 12 novembre 1957 à Montpellier et transféré à la prison d’El Harrach, où est déjà incarcéré son frère, Mekki. En prison, il écrit un livre sur sa vie et ses conditions d’incarcération. Un manuscrit qui n’a pas été retrouvé. En prison, il est désigné par les militants pour les représenter auprès de l’administration pénitentiaire. Libéré en 1960, mais menacé, il se rend clandestinement en Suisse déguisé en prêtre. Sur place, il est chargé de différentes tâches et se déplace en Europe et partout dans le monde au profit de l’Algérie. 
Après le cessez-le-feu, le 19 mars 1962, il est désigné pour faire partie de l’Exécutif provisoire. Il dirigera ensuite le Cabinet au sein de l’Exécutif provisoire, installé au Rocher-Noir (Boumerdès), présidé par feu Abderrahmane Farès.
Six mois à la tête des A.E
Après la formation du premier gouvernement algérien, le 27 septembre 1962, le ministère des Affaires23.jpg étrangères lui est proposé. Toujours élégant, il avait le regard vif derrière les verres fumés de ses lunettes. Durant les six mois qu’il œuvre à la tête de ce ministère, il ne ménage pas ses efforts. Il assiste en 1963 à une rencontre des ministres des Affaires étrangères du Maghreb, tenue à Rabat, de même qu’il se rend à New York, invité à une session de l’ONU en qualité de ministre des Affaires étrangères de l’Algérie. Avec la France, l’Algérie liée par les accords d’Evian devait continuer à négocier pour préserver les acquis de l’indépendance fraîchement et chèrement conquise. Avec l’Egypte, il fallait préserver l’alliance mais aussi la souveraineté du pays…
Le jeudi 11 avril 1963, Mohamed Khemisti est victime de l’odieux attentat qui l’emportera à l’âge de 33 ans… Ses obsèques se déroulent en présence de dizaines de milliers de citoyens algériens et de nombreuses délégations étrangères. Il est inhumé au cimetière Lalla Maghnia, dans la ville qui l’a vu naître.
Photos d'archives appartenant à la famille Khemisti: On y voit le Mohamed Khemisti accrochant un insigne représentant le drapeau algérien sur la poitrine de Chou En-laï, Premier ministre chinois (1957), discutant avec Hô Chi Minh,  président de la République démocratique du Viêtnam (1957). Le dernier cliché le montre entouré de Mohamed Boudiaf (1919-1992), Rabah Bitat (1925-2000) et Ahmed Benbella (1916-2012). 

 

 

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 08:53

 

Musee-Oran.jpgComment le ministère de la Culture algériens espère-t-il attirer le public vers les musées en portant l’entrée à 200 dinars alors qu’il peinait à l’intéresser à 20 ? C’est la question que la direction du musée national Ahmed-Zabana d’Oran se pose alors qu’elle s’apprête à communiquer au personnel les nouvelles décisions contenues dans l’arrêté interministériel, publié dans le Journal Officiel du 20 janvier 2013, portant, entre autres, sur les nouveaux droits d’entrée : «De plus, l’application des nouvelles dispositions exigera une organisation particulière, puisqu’il n’est pas seulement question de l’augmentation du droit d’entrée mais également de réductions à consentir», s’inquiète Fatiha Silem, l’actuelle directrice du musée d’Oran, en énumérant les différentes remises à accorder aux différents types de visiteurs, telles que stipulées par le document ministériel : 30% pour les groupes de dix personnes et plus, 30% pour les artistes et les travailleurs de la culture, 50% pour les étudiants, stagiaires et apprentis, gratuité pour les personnes âgées de moins de 16 ans ou plus de 65 ans, les handicapés et leur accompagnateur, les appelés du service national et les demandeurs d’emploi : «Autrement dit, la réceptionniste doit vérifier à l’entrée la qualité, l’âge et l’identité de chaque visiteur pour déterminer la réduction appropriée. Imaginez un peu si une vingtaine de personnes se présentaient en même temps ?», s’interroge notre interlocutrice, qui justifie de 26 ans de service dans le musée. Une éventualité qui paraît peu probable compte tenu de l’importance de l’augmentation du droit d’entrée mais qui, affirme encore la directrice, donne quand même des sueurs froides à la réceptionniste. Plus aberrant encore, l’utilisation de caméscopes et d’appareils de prises de vues à des fins non commerciales est désormais tarifée par le payement d’un forfait de 200 dinars. Autrement dit, le père de famille qui décide d’accorder à ses enfants «un bain culturel» devra payer un minimum de 400 dinars (dans le cas où ses enfants sont âgés de moins de 16 ans et que sa femme aura décidé de rester à la maison) pour prendre des clichés d’un patrimoine culturel qui, de surcroit, n’a pas été renouvelé depuis près d’un demi-siècle. Le ministère de la Culture voudrait décourager le personnel muséal et accentuer le fossé avec le public qu’il ne s’y prendrait pas autrement.
 
Vers le renouvellement des collections
Alors que la logique voudrait que l’Etat consente des efforts supplémentaires pour réconcilier les Algériens avec les musées, voilà qu’une nouvelle mesure émanant «d’en haut» -«A ma connaissance les gestionnaires des musées n’ont pas été consultés ni associés à la prise de décision», déclare Fatiha Silem - jette le doute sur la volonté des pouvoirs publics de réhabiliter ces établissements culturels conservateurs de la mémoire collective : «Nous travaillons à la mise à niveau du musée notamment par le changement des vitrines, du mobilier et le renouvellement des collections exposées, mais cela risque de ne pas profiter à grand monde», déplore encore la directrice du musée Ahmed-Zabana en reconnaissant, malgré tout, qu’en matière de budget et de soutien financier, le département de Khalida Toumi n’est pas avare : «Bien au contraire, je peux affirmer que nous ne souffrons pas de soucis d’ordre matériel.» Il reste pourtant que la très controversée augmentation des droits d’entrée -exagérée et abusive, selon ceux des Oranais qui aiment encore se balader dans les allées du musée- risque d’isoler d’avantage l’établissement qui, par ailleurs, ne sort plus à la rencontre des élèves dans les écoles, comme il a pu le faire pendant un temps grâce à la Valise muséale : «Nous n’avons pas les ressources humaines nécessaires à ce genre d’opération», regrette Mme Silem en expliquant que la problématique de la formation et du recrutement du personnel est toujours posée, puisque les travailleurs ne bénéficient pas de stages de formation et que le concours de recrutement est ouvert à tous les profils : «Les cinq nouveaux employés que nous avons recrutés cette année sur concours sont tous diplômés en sciences politiques alors que le musée à besoin d’archéologues, d’historiens».
C’est dire que le musée Ahmed-Zabana est loin de régler ses problèmes.
 
Incursion dans l’Histoire
De la section des Beaux-arts à celle d’Histoire naturelle, en passant par les sections de l’Art musulman, de la Préhistoire ou encore de l’Ethnographie, cet établissement, situé avenue Ahmed-Zabana, en plein quartier Sid El Bachir (ex-Plateau St-Michel), offre (en attendant le renouvellement des collections) une incursion dans l’Histoire et de la matière à connaître et à savoir : des peintures et sculptures de diverses époques et écoles, des objets d’art musulman remontant au XIe siècle - notamment ceux appartenant aux dynasties musulmanes du Maghreb -, des collections de pièces de monnaie retraçant l’histoire des peuples africains (du XIe au XVIIIe siècle) et européens (XIXe et XXe siècle), des objets appartenant à la préhistoire témoignant du passage des hommes primitifs en Algérie, des vestiges matériels de l’Afrique et des pays du Maghreb, notamment l’Algérie, le Maroc et la Tunisie.. Le musée propose également des collections de photographies, cartes et plans montrant le développement d’Oran depuis sa création aux environs de l’an 903, et une section naturelle composée de collections appartenant à la zoologie, à la botanique et à la paléontologie.

 

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