Une année jour pour jour après l’assassinat de l’universitaire et militant des droits de l’Homme, Ahmed Kerroumi, le collectif de ses amis et proches lui a rendu hommage, jeudi dernier au siège de la Ligue algérienne des droits de l’homme.
Très émus, les participants à l’événement ont tenu à rendre un hommage appuyé à celui qui, pour beaucoup, fut un exemple de probité et de dévouement dans l’engagement. Après la projection d’une vidéo retraçant le parcours, brutalement interrompu un certain 19 avril 2011, du professeur Kerroumi, des compagnons du défunt ont témoigné de la force de conviction jamais démentie du disparu dans la lutte contre les atteintes aux droits de l’Homme. Que ce fût en tant qu’enseignant au lycée ou à l’université, sous la bannière du PAGS et plus tard du MDS ou comme membre de la très récente Coordination nationale pour le changement et la démocratie, Ahmed Kerroumi a toujours milité activement pour la défense et la promotion des droits de l’Homme et des libertés individuelles et collectives.
Les «amis d’Ahmed Kerroumi» ont également tenu à dénoncer avec force le laxisme qui marqué le traitement réservé par la justice à au dossier : «(...)Depuis une année, les choses semblent bouger au ralenti dans ce domaine. En effet, après plusieurs mois d'enquête et d'instruction, les choses semblent s'être figées devant la chambre d'accusation qui ne cesse de reporter, depuis près d'un mois, sa décision de renvoi de ‘l'affaire’ (…)», déplore notamment le MDS-Oran dans un communiqué rendu public mercredi dernier. Pour rappel, c’est demain dimanche que la chambre d’accusation du tribunal correctionnel de la cité Djamel devrait rendre son verdict dans cette affaire qui fait couler beaucoup d’encre depuis une année et décider du renvoi du dossier au tribunal criminel ou au juge d’instruction pour complément d’informations.
En tout état de cause, une année après, le mystère reste entier sur les circonstances de la tragique disparition du professeur Kerroumi.
Une année déjà depuis que nous avons perdu, à l'instar de sa famille, ses amis, ses collègues et ses frères de combat pour une Algérie moderne démocratique et sociale, le bon père de famille, l'être sociable, bon et généreux, l'homme de piété, d'honneur et de principes, l'ancien syndicaliste et membre actif de la CNCD d'Oran, le militant de notre courant politique depuis le PAGS, l'intellectuel engagé qui était l'un des rares, ici à Oran, à savoir conjuguer la langue arabe au temps de la modernité et du progrès, l'universitaire et chercheur très prometteur qu'était notre camarade Ahmed Kerroumi! Une année déjà depuis cette perte cruelle, qu'ont aggravée les positionnements honteux et les agissements indignes et immoraux de certains, dont des journaleux, qui n'ont pas hésité, comme s'ils étaient missionnés pour tarir le flot des questionnements suscités dans l'opinion publique par cet acte criminel commis contre notre regretté camarade, à saisir cette occasion pour essayer de ternir son image. Comme si le venin qu'ils ont tout fait pour distiller contre lui dans l'opinion allait anesthésier les consciences et réduire la force des repères mémoriels que sont, entre autres, la gentillesse, la modestie, la générosité, la vaste culture, l'honnêteté intellectuelle, l'opiniâtreté dans la réflexion et l'engagement sans faille dans l'action généreuse pour ses idées dont il a fait montre de son vivant !
C’est avec beaucoup de peine que nous commémorons aujourd'hui cette cruelle disparition et que nous, militants et sympathisants du MDS, nous inclinons très respectueusement devant sa mémoire et persistons à exiger la vérité sur son horrible assassinat, sur son mobile, sur son ou ses auteurs et/ou commanditaires et que Justice lui soit rendue, convaincus de ce qu'en dernière instance, les magistrats n'ont de compte à rendre qu'à leur conscience!
Car depuis une année, les choses semblent bouger au ralenti dans ce domaine. En effet, après plusieurs mois d'enquête et d'instruction, les choses semblent s'être figées devant la chambre d'accusation qui ne cesse de reporter, depuis près d'un mois, sa décision de renvoi de "l'affaire" vers le tribunal criminel ou vers le magistrat instructeur pour complément d’information. Entre-temps, le jeune présumé coupable et qui ne cesse de clamer son innocence croupit toujours en prison; tandis que ses avocats ne cessent de dénoncer "une instruction à sens unique, invariablement à charge" du fait de la persistance, en dépit du très grave déficit de crédibilité auprès de l'opinion des institutions officielles et de la Justice en particulier, du refus qui est opposé à leurs demandes "d'accès à certains éléments matériels à charge mis sous scellés, d'une contre-expertise ADN, d'un réexamen plus poussé de l'historique des appels émis et reçus par le téléphone mobile de la victime durant sa disparition et l'audition de certains témoins-clés". Entre-temps, notre modeste local, un des rares espaces de liberté politique que nous avions ici à Oran, reste sous scellés et nos demandes de transfert de siège, où il nous est désormais psychologiquement et humainement impossible de travailler, demeurent sans suite!
En cette triste circonstance, nous, ses amis militants du MDS-Oran, tenons à saluer toutes les initiatives qui sont prises en cette période pour lui rendre hommage et à renouveler notre sympathie et notre solidarité à sa famille et à ses amis. Tout en partageant leur douleur, nous les assurons de notre attachement à la continuation du combat dans lequel il était engagé à nos côtés pour une Algérie moderne démocratique et sociale. En dépit de la quasi clandestinité que nous subissons, nous restons mobilisés, dans le respect de la discipline républicaine que nous nous sommes imposés durant l'enquête et l'instruction, pour la défense de la mémoire de notre regretté Ahmed Kerroumi !
Oran, le 18 avril 2012
Ses amis et camarades du MDS–Oran