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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 13:10

«Si l’Algérie parvient à dépasser certaines entraves bureaucratiques, elle pourra améliorer la prise en charge du cancer à court terme». C’est l’une des phrases-clé que le professeur Kamel Bouzid, président de la Société algérienne d’oncologie médicale, a glissées dans le rapport final sur le plan de lutte contre le cancer qui sera soumis à la présidence cet octobre.

 

Saluant la décision du président de la République «d’inscrire la lutte contre le cancer comme chantier présidentiel», le «grand nombre» d’infrastructures hospitalières réalisées à travers le territoire national et «l’amélioration de la prise en charge sanitaire» des malades, le chef de service du Centre spécialisé dans la lutte contre le cancer «Pierre et Marie Curie» prévient, toutefois, contre cette bureaucratie qui -comme la mauvaise gestion, les malversations, la corruption et d’autres maux encore- a permis au cancer de «s’épanouir» dans la société algérienne et toucher plus de personnes: en 20 ans, le nombre de cas est ainsi passé de 80 à 120 cas pour 100.000 habitants et, dans les cinq prochaines années, ce nombre devrait évoluer au même rythme que les pays avancés (où la population, faut-il le souligner, est deux ou trois fois plus importante que la nôtre). Depuis les années 90, le problème de la radiothérapie a désormais pris des dimensions dramatiques, les parents d’enfants atteints ne savent plus où donner de la tête pour bénéficier d’un lit et, impuissants à réagir devant les innombrables tragédies qui se présentent à eux, certains personnels médical et paramédical voient leurs nerfs lâcher et sont contraints au repos ou, pire, à des soins psychiatriques.

 

La situation est à ce point grave que les médecins ont souvent recours aux décisions extrêmes pour sauver la vie : à cause du manque de moyens matériels, on décide ainsi de couper l’organe plutôt que de supprimer la zone atteinte de cancer. Ce n’est donc pas pour rien qu’au cours d’une émission radio hier lundi, une responsable  de l’association de lutte contre le cancer El Amel a estimé qu’en Algérie «la négligence est aussi responsable que le cancer» dans la perte des vies humaines, la destruction de malades mal soignés et les déchirements qui touchent fatalement leurs parents et leurs familles.

A côté du plan national de lutte contre le cancer, il faudra donc mener de front la lutte contre la bureaucratie, la corruption et tous les maux qui entravent l’évolution vers un monde meilleur.

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Published by Samir Ould Ali - dans Actualités
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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 13:06

Il en est pour la téléphonie mobile en Algérie comme pour d’autres secteurs tels la Santé ou l’Education nationale: on veut absolument -et à tout prix- introduire les technologies les plus avancées alors même que l’on n’est pas encore parvenu à résoudre les problèmes les plus élémentaires. On importe des équipements sophistiqués dans pour les hôpitaux alors que les malades sont priés d’apporter leur literie ou de faire leurs analyses chez les laboratoires privés, et on équipe les écoles d’ordinateurs pendant que les cantines sont fermées et les classes démunies d’appareils chauffants.

 

Aujourd’hui, la licence de téléphonie 3G occupe l’actualité et suscite les passions pendant que les utilisateurs d’internet continuent de se plaindre de la lenteur du débit internet, de coupures intempestives, de la faiblesse de couverture et d’autres désagréments que des pays beaucoup moins bien lotis ont éradiqués voilà quelques années déjà. Aujourd’hui encore, en ce septembre 2013, des Algériens, résidant dans de grandes villes, ne sont toujours pas connectés à internet et prennent leur mal en patience en attendant des jours -et des hommes- meilleurs. Aujourd’hui encore, pendant que des responsables pérorent sur les bienfaits de la 3 G, des abonnés doivent prendre un ticket et attendre leur tour pendant 2 heures (dans un environnement sans Wifi, ce qui est comble pour les opérateurs de téléphonie) avant de pouvoir payer leur abonnement. Et, il n’est pas rare, naturellement, que des utilisateurs stressés, parce que soumis à d’autres obligations, perdent patience et s’en prennent à des agents souvent impuissants.

 

Beaucoup d’Algériens aspirent à un débit supérieur ou la visiophonie promise par la 3G mais davantage rêvent d’être d’abord connectés, de ne pas souffrir des désagréments d’un autre âge et de pouvoir (pourquoi pas ?) payer leurs factures… par internet.

 

A bien des égards, on continue en Algérie de s’occuper du futile en oubliant l’essentiel.

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 13:04

A la veille de chaque rentrée scolaire, les sujets de discussions et débats -dans les foyers comme les médias- tournent invariablement sur le prix des articles scolaires, la disponibilité et le coût des manuels, le poids des cartables, la surcharge dans les classes, les nouvelles infrastructures ou encore la disponibilité des enseignants. Mais rarement autour de la situation de l’éducation artistique et l’éducation physique et sportive qui demeurent parmi les disciplines les moins valorisées par l’école et la société algériennes malgré le rôle fondamental, unanimement reconnu par les spécialistes, dans le développement et l’épanouissement des apprenants : «Une éducation artistique de qualité permet d’augmenter la coopération, le respect, le sens de la responsabilité, la tolérance et l’esprit critique, et a un impact positif sur le développement de la compréhension scolaire, sociale et culturelle. De même, une éducation artistique médiocre ou une absence d’éducation artistique peut bloquer le développement de la créativité et de l’imagination», a notamment estimé l’Unesco au cours d’une étude commandée en 2004-2005 sur l’impact des programmes artistiques sur l’éducation des enfants et des jeunes dans le monde.

 

Les bénéfices éducatifs de l’art

Etant entendu que les nations développées ont déjà, en grande partie, réglé la problématique de l’enseignement des arts dans les écoles, il apparaît que des pays en développement ont assimilé la nécessité d’intégrer l’éducation artistique dans leurs politiques éducatives et la traduisent sur le terrain: «A la Barbade, rapporte l’étude, les danses et chants folkloriques font partie du programme d’éducation artistique, tandis qu’au Sénégal, l’art floral, l’art des nombres, le batik (technique d’impression des étoffes, Ndr), la céramique, le conte oral, la mode, la coiffure, la fabrication d’accessoires vestimentaires et la couture font tous partie du programme d’éducation artistique (…) En Inde, on note un désir de reconnaître les bénéfices pour le corps et l’esprit de formes artistiques comme la méditation et le yoga. De même, en Malaisie et au Bhoutan, on accorde une grande attention à l’harmonie née de la pratique des arts. On mène des recherches sur les bénéfices éducatifs de l’art : il contribue au bonheur de l’enfant et à son épanouissement total. Ce lien de l’éducation artistique à des principes de base ésotériques est aussi présent dans les pays d’Amérique du Sud et dans les Caraïbes où ces principes soulignent non seulement les bénéfices thérapeutiques et intérieurs, mais admettent la capacité de l’éducation artistique à construire la citoyenneté et à donner un sens d’appartenance à une communauté et à une démocratie (…)» Des efforts sont ainsi consentis, à la fois, dans un souci de transmission de l’héritage culturel mais aussi pour accompagner le développement des enfants et leur préparation à la vie d’adulte.

 

Le fossé entre le discours et la réalité

Bien que n’étant pas mentionnée parmi les exemples ainsi cités par le document de l’organisation onusienne, l’Algérie a tout de même opéré des tentatives pour «ménager» une meilleure place aux arts dans sa politique éducative. Du moins, sur le papier. Un exemple parmi d’autres : Le plan d’action de mise en œuvre de la réforme du système éducatif de Benbouzid (retenue par le Conseil des ministres en avril 2002) préconise que «l’éducation artistique doit être généralisée à tous les niveaux et introduite à titre optionnel dans les épreuves du baccalauréat et du brevet.» Dix années après, le dessin, la musique et le chant «survivent» péniblement dans une école sinistrée qui n’arrive toujours pas à se débarrasser de ses démons. Sans doute que l’Algérie fait partie de cette catégorie de pays où, selon l’étude l’Unesco, il existe «un fossé entre la politique annoncée en matière d’enseignements artistiques et la réalité des moyens médiocres dans les classes.» Comment prétendre le contraire lorsque la majorité des écoles ne disposent pas d’ateliers de dessin ou de salles de musique ?

 

S. Ould Ali

 

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 12:00

Lire Hennini wen-hennik ou Vivre et laisser-vivre, le dernier livre de Djelouat Nourine, enseignant en économie mais aussi (et, parfois, surtout) entraîneur de judo, permet de mieux appréhender les difficultés qui handicapent le judo algérien et l’empêchent d’accéder au rang mondial qui devrait être le sien.

Bâti sur une série d’entretiens et de témoignages avec des acteurs-fonctionnaires du judo national - désabusés et, pour certains, réticents à la parole - qui, pourtant, ont accompagné des athlètes à la consécration, Hennini wen-hennik braque le projecteur sur ces mille et une entraves, très algériennes, qui ralentissent la réémergence d’un judo performant et de haut niveau : absence de vision claire, réflexes régionalistes, absence d’organisation et de formation de jeunes talents, opacité et inefficacité des ligues… et d’autres anomalies, sur fonds de luttes d’intérêts inavouables, participent, selon le livre, de l’affaiblissement de ce sport - classé catégorie A par le ministère de la Jeunesse et des sports au même titre que le football ou le handball - qui a, quelques-fois, permis au drapeau national de flotter dans le ciel olympique. Et tous les témoignages que l’auteur a recueillis depuis 2010 convergent vers cette seule conclusion, applicable à toutes les disciplines sportives, qui explique les échecs des dernières années: le judo se trouve entre des mains maladroites pendant que les compétences sont marginalisées.

Lire Hennini wen-hennik, c’est également comprendre que le malheur du judo se trouve aussi dans l’absence de normes dans une société en manque d’équilibre : «Djelouat s’efforce surtout le témoin attentif de souffrances incisives, constamment passées sous silence. Tout se passe comme s’il levait la main, à notre adresse, pour nous interpeller, nous convier à la prise en charge sérieuse et politiquement engagée d’une épaisseur sociale et humaine (…) Il n’incrimine personne nommément, ne s’intéresse qu’aux Sujets écrasés par la morgue ambiante, et laisse à chacun le droit ou le devoir, c’est selon, de se remettre en cause tant sur le plan de la compréhension des choses que des pratiques de travail et d’organisation (…)», écrit, notamment, en préface du livre, Ahmed Saïfi Benziane, universitaire et auteur.

On peut, toutefois, reprocher à Djelouat l’usage d’un style lourd, chargé, qui pourrait paraître incommodant pour le lecteur: «C’est un choix assumé pour rendre l’essentiel de l’atmosphère qui prévaut dans le milieu évoqué», rétorque l’auteur en souriant.

Djelouat Nourine est maître-assistant chargé de cours en sciences de gestion à l’université d’Oran et se consacre régulièrement à l’entraînement de jeunes judokas à titre bénévole. Ceinture noire de 3ème Dan, il a été notamment champion d’Algérie par équipes (juniors) en 1971-1972, champion d’Algérie universitaire (-78 kg) en 1983, co-entraîneur de l’Association sportive du complexe militaire d’Oran (1982 à 1987) et évolue actuellement à l’Association des sports de combats et d’athlétisme d’Oran. Publié à compte d’auteur, Hennini wen-hennik ou Vivre et laisser-vivre est son troisième livre après Algérie orpheline (Hiwar Com, 1991) et Vivre son judo (Dar El Gharb, 2007).

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 19:27

img021La famille de Mohamed Khemisti qui a commémoré, le 04 mai dernier, le cinquantième anniversaire de l’assassinat du premier ministre des Affaires étrangères de l’Algérie indépendante, continue de réfuter la thèse de l’acte isolé et de s’interroger sur les circonstances réelles qui ont conduit à ce lâche assassinat, intervenu en avril 1963. Pour la veuve du défunt, Mme Mechiche, ses neveux et nièces, le mystère demeure entier : «Les doutes sur la version retenue et livrée à l’opinion par les autorités de l’époque sont absolus. La thèse de l’acte individuel puis celle du ‘’suicide’’ de l’assassin, dans sa geôle de la prison d’El Harrach, le 20 Juin 1965, le lendemain du coup d’Etat qui a renversé Ben Bella, ne sont pas crédibles», peut-on lire dans le communiqué que la famille du défunt avait transmis à la presse,  la veille de cette commémoration. Confiants que la «vérité sur ce meurtre éclatera un jour», les rédacteurs du document appellent à l’ouverture des archives de la police et de la justice pour lever le voile sur ce drame qui n’a pas encore livré tous ses secrets.

Pour rappel, le jeudi 11 avril 1963, le fringant ministre, âgé de seulement 33 ans, venait de quitter l’Assemblée nationale où il avait participé à une réunion sur le budget, quand il reçut plusieurs balles tirées par un certain Mohamed Zenadi qui -l’enquête devait le déterminer plus tard- était journaliste au quotidien le Peuple. Grièvement touché, il a été immédiatement transporté à l’hôpital où il a lutté contre la mort pendant trois semaines. Son décès, officiellement constaté le 4 mai, a provoqué l’indignation et l’émoi des Algériens (ils seront des dizaines de milliers à l’accompagner à sa dernière demeure) pour la perte brutale d’un brillant ministre, dix mois après l’accession du pays à l’indépendance et six mois après sa nomination aux Affaires Etrangères : «C’est avec beaucoup de scepticisme que la thèse officielle sur son meurtre a été accueillie […]. Nombreux sont ceux qui s’interrogent encore sur les véritables mobiles de cet acte et sur l’identité de ses commanditaires», poursuit encore le communiqué dont les rédacteurs sont catégoriques : il s’agissait bien là d’une «liquidation physique» obéissant à des considérations de «règlement des conflits et de désaccords», dans la même veine des «affrontements fratricides et sanglants du premier été de l’indépendance».
Condamné à mort, puis grâcié et sa peine commuée en détention à perpétuité, Mohamed Zenadi sera retrouvé mort dans sa geôle, à la prison d’El Harrach, le 20 juin 1965, au lendemain du renversement d’Ahmed Ben Bella par Houari Boumediène. Les autorités retiendront la thèse «du suicide par pendaison» mais, là aussi, les proches de Khemisti mettent en doute la crédibilité de cette version.
Aujourd’hui, après un demi-siècle de doute, les proches de Mohamed Khemisti estiment que l’accès aux archives de la police et de la justice permettra de mettre la lumière sur les zones d’ombre qui continuent de planer sur ce meurtre et (pourquoi pas ?) déterminer «les véritables mobiles de cet acte et l’identité de ses commanditaires.» A défaut, cela aidera peut-être à apaiser les douleurs…

 

Petite biographie d'un grand homme 
Mohamed Khemisti est né le 11 août 1930 à Maghnia, wilaya de Tlemcen. Fils d’un petit fellah,79.jpg dépossédé de son lopin de terre, il était le cadet d’une famille de cinq garçons et deux filles. Son père put inscrire Mohammed à l’école primaire. Son certificat d’études en poche, il put se faire embaucher dans le chantier de construction du barrage de Beni Bahdel. Après ce petit boulot, il se rend en France pour rejoindre son frère Abdeldjebbar qui lui trouve du travail dans un bureau d’études à Toulon. Après un court séjour, il retourne au pays et est encouragé par ses frères à poursuivre ses études. Sans ressources suffisantes pour s’inscrire dans un lycée, Mohamed Khemisti étudiera seul chez lui et préparera son baccalauréat, qu’il passera avec succès en candidat libre.
Engagement politique
Bachelier option mathématiques, il s’inscrit à la faculté de médecine de Montpellier. Il est donc en France lorsque la révolution du 1er novembre 1954 est déclenchée. Dès la création de l’Ugema, l’Union Générale des étudiants musulmans algériens, Mohamed Khemisti y milite. Secrétaire général de la section de Montpellier, il fera partie du comité exécutif à Paris, puis présidera le congrès de la première organisation étudiante qui a regroupé toute l’élite universitaire nationale engagée pour la libération du pays. Le congrès de l’Ugema s’est déroulé du 24 au 30 mars 1956 à Paris  et s’est conclu par des revendications, dont l’indépendance nationale, la libération de tous les détenus et l’ouverture des négociations avec le FLN.
Il participe à la création de l’équipe de football du FLN, dont il fut le chef de délégation lors de ses pérégrinations à travers tous les continents. En 1957, lors du Festival mondial de la jeunesse à Moscou, la délégation présidée par Mohamed Khemisti, partie de Paris en train, gagna Moscou en traversant l’Allemagne et les pays de l’Est, acclamée à chaque arrêt par les populations des pays de l’Est. Sur place, l’enjeu était de taille : pour la première fois, une délégation algérienne était présente dans une grande manifestation internationale. Là, les patriotes algériens apprennent, non sans surprise, que les organisateurs du festival leur refusaient de défiler avec leur drapeau national. A cette occasion, Mohamed Khemisti, malgré son jeune âge, se montra fin politique et fit preuve de diplomatie et de fermeté. Il dira : «La présence du drapeau algérien ne se négocie pas. C’est pour lui que nous sommes là.» Au stade Lénine, Nikita Khrouchtchev, secrétaire général du Pcus, et Nikolaï Boulganine, président du Conseil des ministres, ne se seront levés qu’une seule fois : c’était pour saluer le drapeau vert et blanc au croissant de lune, à l’étoile, frappée de rouge, symbole de l’Algérie en lutte.
28Il contribue à développer la solidarité avec la lutte du peuple algérien. La délégation qu’il préside se rend en Chine et au Viet Nam, où elle est accueillie très chaleureusement. Elle sera reçue par Chou En Laï, Premier ministre de la République populaire de Chine, puis par Ho Chi Minh, le grand dirigeant vietnamien. De retour en France, il est arrêté le 12 novembre 1957 à Montpellier et transféré à la prison d’El Harrach, où est déjà incarcéré son frère, Mekki. En prison, il écrit un livre sur sa vie et ses conditions d’incarcération. Un manuscrit qui n’a pas été retrouvé. En prison, il est désigné par les militants pour les représenter auprès de l’administration pénitentiaire. Libéré en 1960, mais menacé, il se rend clandestinement en Suisse déguisé en prêtre. Sur place, il est chargé de différentes tâches et se déplace en Europe et partout dans le monde au profit de l’Algérie. 
Après le cessez-le-feu, le 19 mars 1962, il est désigné pour faire partie de l’Exécutif provisoire. Il dirigera ensuite le Cabinet au sein de l’Exécutif provisoire, installé au Rocher-Noir (Boumerdès), présidé par feu Abderrahmane Farès.
Six mois à la tête des A.E
Après la formation du premier gouvernement algérien, le 27 septembre 1962, le ministère des Affaires23.jpg étrangères lui est proposé. Toujours élégant, il avait le regard vif derrière les verres fumés de ses lunettes. Durant les six mois qu’il œuvre à la tête de ce ministère, il ne ménage pas ses efforts. Il assiste en 1963 à une rencontre des ministres des Affaires étrangères du Maghreb, tenue à Rabat, de même qu’il se rend à New York, invité à une session de l’ONU en qualité de ministre des Affaires étrangères de l’Algérie. Avec la France, l’Algérie liée par les accords d’Evian devait continuer à négocier pour préserver les acquis de l’indépendance fraîchement et chèrement conquise. Avec l’Egypte, il fallait préserver l’alliance mais aussi la souveraineté du pays…
Le jeudi 11 avril 1963, Mohamed Khemisti est victime de l’odieux attentat qui l’emportera à l’âge de 33 ans… Ses obsèques se déroulent en présence de dizaines de milliers de citoyens algériens et de nombreuses délégations étrangères. Il est inhumé au cimetière Lalla Maghnia, dans la ville qui l’a vu naître.
Photos d'archives appartenant à la famille Khemisti: On y voit le Mohamed Khemisti accrochant un insigne représentant le drapeau algérien sur la poitrine de Chou En-laï, Premier ministre chinois (1957), discutant avec Hô Chi Minh,  président de la République démocratique du Viêtnam (1957). Le dernier cliché le montre entouré de Mohamed Boudiaf (1919-1992), Rabah Bitat (1925-2000) et Ahmed Benbella (1916-2012). 

 

 

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 08:53

 

Musee-Oran.jpgComment le ministère de la Culture algériens espère-t-il attirer le public vers les musées en portant l’entrée à 200 dinars alors qu’il peinait à l’intéresser à 20 ? C’est la question que la direction du musée national Ahmed-Zabana d’Oran se pose alors qu’elle s’apprête à communiquer au personnel les nouvelles décisions contenues dans l’arrêté interministériel, publié dans le Journal Officiel du 20 janvier 2013, portant, entre autres, sur les nouveaux droits d’entrée : «De plus, l’application des nouvelles dispositions exigera une organisation particulière, puisqu’il n’est pas seulement question de l’augmentation du droit d’entrée mais également de réductions à consentir», s’inquiète Fatiha Silem, l’actuelle directrice du musée d’Oran, en énumérant les différentes remises à accorder aux différents types de visiteurs, telles que stipulées par le document ministériel : 30% pour les groupes de dix personnes et plus, 30% pour les artistes et les travailleurs de la culture, 50% pour les étudiants, stagiaires et apprentis, gratuité pour les personnes âgées de moins de 16 ans ou plus de 65 ans, les handicapés et leur accompagnateur, les appelés du service national et les demandeurs d’emploi : «Autrement dit, la réceptionniste doit vérifier à l’entrée la qualité, l’âge et l’identité de chaque visiteur pour déterminer la réduction appropriée. Imaginez un peu si une vingtaine de personnes se présentaient en même temps ?», s’interroge notre interlocutrice, qui justifie de 26 ans de service dans le musée. Une éventualité qui paraît peu probable compte tenu de l’importance de l’augmentation du droit d’entrée mais qui, affirme encore la directrice, donne quand même des sueurs froides à la réceptionniste. Plus aberrant encore, l’utilisation de caméscopes et d’appareils de prises de vues à des fins non commerciales est désormais tarifée par le payement d’un forfait de 200 dinars. Autrement dit, le père de famille qui décide d’accorder à ses enfants «un bain culturel» devra payer un minimum de 400 dinars (dans le cas où ses enfants sont âgés de moins de 16 ans et que sa femme aura décidé de rester à la maison) pour prendre des clichés d’un patrimoine culturel qui, de surcroit, n’a pas été renouvelé depuis près d’un demi-siècle. Le ministère de la Culture voudrait décourager le personnel muséal et accentuer le fossé avec le public qu’il ne s’y prendrait pas autrement.
 
Vers le renouvellement des collections
Alors que la logique voudrait que l’Etat consente des efforts supplémentaires pour réconcilier les Algériens avec les musées, voilà qu’une nouvelle mesure émanant «d’en haut» -«A ma connaissance les gestionnaires des musées n’ont pas été consultés ni associés à la prise de décision», déclare Fatiha Silem - jette le doute sur la volonté des pouvoirs publics de réhabiliter ces établissements culturels conservateurs de la mémoire collective : «Nous travaillons à la mise à niveau du musée notamment par le changement des vitrines, du mobilier et le renouvellement des collections exposées, mais cela risque de ne pas profiter à grand monde», déplore encore la directrice du musée Ahmed-Zabana en reconnaissant, malgré tout, qu’en matière de budget et de soutien financier, le département de Khalida Toumi n’est pas avare : «Bien au contraire, je peux affirmer que nous ne souffrons pas de soucis d’ordre matériel.» Il reste pourtant que la très controversée augmentation des droits d’entrée -exagérée et abusive, selon ceux des Oranais qui aiment encore se balader dans les allées du musée- risque d’isoler d’avantage l’établissement qui, par ailleurs, ne sort plus à la rencontre des élèves dans les écoles, comme il a pu le faire pendant un temps grâce à la Valise muséale : «Nous n’avons pas les ressources humaines nécessaires à ce genre d’opération», regrette Mme Silem en expliquant que la problématique de la formation et du recrutement du personnel est toujours posée, puisque les travailleurs ne bénéficient pas de stages de formation et que le concours de recrutement est ouvert à tous les profils : «Les cinq nouveaux employés que nous avons recrutés cette année sur concours sont tous diplômés en sciences politiques alors que le musée à besoin d’archéologues, d’historiens».
C’est dire que le musée Ahmed-Zabana est loin de régler ses problèmes.
 
Incursion dans l’Histoire
De la section des Beaux-arts à celle d’Histoire naturelle, en passant par les sections de l’Art musulman, de la Préhistoire ou encore de l’Ethnographie, cet établissement, situé avenue Ahmed-Zabana, en plein quartier Sid El Bachir (ex-Plateau St-Michel), offre (en attendant le renouvellement des collections) une incursion dans l’Histoire et de la matière à connaître et à savoir : des peintures et sculptures de diverses époques et écoles, des objets d’art musulman remontant au XIe siècle - notamment ceux appartenant aux dynasties musulmanes du Maghreb -, des collections de pièces de monnaie retraçant l’histoire des peuples africains (du XIe au XVIIIe siècle) et européens (XIXe et XXe siècle), des objets appartenant à la préhistoire témoignant du passage des hommes primitifs en Algérie, des vestiges matériels de l’Afrique et des pays du Maghreb, notamment l’Algérie, le Maroc et la Tunisie.. Le musée propose également des collections de photographies, cartes et plans montrant le développement d’Oran depuis sa création aux environs de l’an 903, et une section naturelle composée de collections appartenant à la zoologie, à la botanique et à la paléontologie.

 

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 07:04
Oui, les travailleurs de certains corps de métier du secteur public et du service privé ont bénéficié des augmentations de salaires. Non, ces hausses ne suffisent pas à contrer les assauts répétés d’une mercuriale impitoyable, qui met les produits de large consommation hors de portée des consommateurs. C’est le constat fait tous les jours par les Algériens lorsqu’ils s’aventurent sur les marchés des fruits et légumes, où les prix des produits atteignent désormais les cimes.
A Oran par exemple (430 km à l'ouest d'Alger), dans la majorité des marchés, la pomme de terre n’est plus cédée en deçà de 50 dinars le kilogramme, la tomate est proposée à 70 dinars, la salade à 100 dinars et l’oignon tourne autour de 70 dinars. Les fruits (du moins ceux dont l’apparence n’est pas repoussante) sont également «proposés» à des prix défiant l’entendemen : la pomme à 250 dinars le kilogramme, la banane à 120 dinars et l’orange entre 100 et 150 dinars. Quant aux viandes (quelle que soit leur couleur) et aux poissons, il y a longtemps qu’elles ont déserté la majorité des cuisines oranaises.
Ces prix font naturellement tressaillir tous les consommateurs, y compris ceux qui, à l’évidence, ne souffrent pas de sérieux problèmes de pouvoir d’achat. «Malgré tout, ça m’a tout l’air d’être du vol. Je peux être à l’aise financièrement et refuser qu’on me dépouille. Ce n’est pas parce que je peux m’offrir des pommes que les commerçants sont autorisés à me la vendre deux ou trois fois leur prix», explique l’un d’eux, déplorant l’absence de protection que le consommateur est en droit d’exiger des pouvoirs publics et en concluant : «Nous sommes livrés pieds et poings liés aux commerçants qui jouent avec les prix comme ils veulent sans contrôle ni régulation.»
Il est vrai que l’état de fonctionnement anarchique des marchés algériens ne plaide pas pour les autorités dont le manque d’action et leur impuissance à faire face au diktat imposé par les commerçants sont de plus en plus dénoncés par les consommateurs. «En l’absence de régulation et de contrôle, chacun agit comme il veut. C’est pour cela que les augmentations de salaires n’ont pas eu les effets attendus. On donne de la main droite ce qu’on retire de la main gauche», estiment des consommateurs oranais, dont beaucoup sont contraints à travailler au noir et recourir à de nombreux expédients pour espérer joindre les deux bouts. «Parce qu’il n’y pas que la nourriture, rappelle l’un d’eux. Il ne faut pas oublier le loyer, les factures, l’habillement, les frais scolaire, de santé… et toutes ces charges que l’on doit assumer pour vivre.»
Et les perspectives ne semblent pas réjouissantes pour l’année 2013, puisqu’en plus les prévisions annoncent déjà une hausse probable d’au moins 15% des prix de plusieurs produits alimentaires, notamment ceux qui sont importés, comme les céréales et les légumes secs. C’est ce que l’Union générale des commerçants et artisans algériens (Ugcaa) a affirmé en janvier dernier en expliquant cette hausse par le fait que «les pays exportateurs de produits alimentaires ont décidé de réduire leurs exportations en vue de satisfaire les besoins nationaux».
Et comme l’Algérie est un grand pays importateur…

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 06:54
Contrairement aux persiflages que nous avons pu entendre ici et là il y a deux années, le problème des enseignants algériens n’est pas seulement d’ordre matériel et pécuniaire. Il est aussi, et surtout, lié au fait que leur statut d’éducateur n’a plus sa valeur d’antan, qu’ils sont presque abandonnés par une administration trop longtemps laissée entre les mains d’un seul patron, qu’ils ne sont plus formés à bonne école et que, par la force des choses, ils sont «presque» devenus des employés ternes et sans enthousiasme, eux dont la tâche pédagogique ne peut s’accomplir autrement que par la passion et le plaisir. Oui, le pouvoir d’achat et l’amélioration des conditions de vie sont importants. Oui, nous avons vu des enseignants débrayer des jours et des semaines pour la revalorisation d’un salaire qui ne faisait plus le poids devant l’impitoyable marche de la mercuriale. Mais, les grévistes criaient aussi autre chose : ils réclamaient une réhabilitation du statut maltraité d’éducateur et de pédagogue.
Aujourd’hui , les camarades du défunt Redouane Osmane - fervent éducateur décédé en 2007, un bâton de craie entre les doigts - se mettent en mouvement pour dénoncer la violence qui s’est insidieusement installée dans les écoles et mis en danger l’intégrité physique des élèves, des enseignants et de l’ensemble du personnel. Le tout sans que les pouvoir publics, à leur tête le ministère de l’Education nationale, n’aient pris de mesures pour la résorber et protéger la communauté de l’Education. Malgré la survenue tragique d’un certain nombre de meurtres (en 2009 dans une école des Amandiers à Oran, en 2011 dans le village de Aïn Souda, Guelma, cette année aussi à El Kerma, à El Hadjar), d’innombrables agressions, des bagarres et l’installation d’un «climat de terreur» -c’est la formule employée par de nombreuses enseignantes- dans de nombreux établissements scolaires algériens, les pouvoirs publics et la société civile demeurent les bras croisés, comme tétanisés par la violence d’un phénomène qu’ils n’auraient pas vu venir.
Pourtant, les prémisses étaient visibles depuis longtemps et nous avons vu des enseignants, universitaires, parents et d’autres encore tirer furieusement mais en vain la sonnette d’alarme lorsque des enseignants du primaire et du moyen s’arrogeaient le droit de châtier les élèves -violemment, jusqu’à laisser des stigmates- ou que des élèves menaçaient les éducateurs sans que personne ne réagisse. Y compris la Fédération nationale des associations de parents d’élèves, qui préférait détourner les yeux plutôt que de saisir le taureau par les cornes et faire face au problème naissant. La suite, tout le monde la connaît : les pédagogues ne sont pas plus considérés qu’un vendeur de cigarettes, des élèves rentrent à l’école des armes blanches sous le tablier bleu, d’autres consomment et parfois vendent de la drogue, des éducatrices vont au travail la peur au ventre, des enseignants recourent eux-mêmes à la violence la plus cruelle…
De temple de la connaissance, l’école est devenue un vivier de violences diverses où il est extrêmement difficile de dispenser et d’acquérir le savoir. Résultat sans appel : la déperdition scolaire touche chaque année 500 000 élèves et, les centres de formations n’étant pas non plus au rendez-vous, beaucoup parmi eux s’en vont renforcer les rangs de la criminalité. Ce qui, diraient les plus sarcastiques, n’est pas plus mal puisque la société elle-même est un vaste champ de petites et grandes violences où les regards se croisent rarement sans un froncement de sourcils. Avec son débrayage d’hier, le CLA nous rappelle surtout que si tellement de choses ne vont pas bien en Algérie, s’il y a tellement de violences dans la société, c’est en grande partie parce que l’école est toujours sinistrée.
Malgré les augmentations salariales et les nouvelles infrastructures…

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 13:40
Pour expliquer les décès par asphyxie au monoxyde de carbone enregistrés par dizaine en Algérie (plus de 150 l’année dernière contre 187 en 2011), les services de la Protection civile évoquent «des erreurs de prévention en matière de sécurité» qui, en général, ont pour origine «la mauvaise ou le manque de ventilation, la non-conformité des équipements de chauffage, le mauvais montage et la mise en œuvre de ces équipements par un personnel non qualifié». Si les causes peuvent être attribuées en grande partie aux consommateurs qui ne sont peut-être pas suffisamment regardants sur la qualité des produits qu’ils achètent, il en est autrement de la «non-conformité des équipements de chauffage» qui, elle, renvoie à la présence sur le marché de produits contrefaits importés, qui ont réussi à passer à travers les mailles des dispositifs de contrôle aux frontières, censés protéger les consommateurs contre les dangers de la contrefaçon. Donc, à la responsabilité des Douanes algériennes qui n’arrivent pas encore à faire barrage à l’entrée massive des produits contrefaits malgré les efforts annoncés en matière de formation du personnel et l’acquisition de matériels de pointe. 
Et si l’importation de produits vestimentaires d’imitation de Chine ou d’ailleurs ne prête pas à des conséquences dramatiques immédiates (encore que beaucoup avertissent contre les dangers qu’ils font planer sur la santé), la commercialisation de produits électroménagers contrefaits, qui appellent l’utilisation du gaz ou de l’électricité, est une franche mise en danger de la population. A ce titre, la responsabilité des Douanes algériennes est engagée, deux des missions qui leur sont dévolues étant de garantir «la protection du consommateur en veillant à ce que les produits de consommation non alimentaires et les produits domestiques soient soumis au contrôle de conformité aux normes de fabrication et de sécurité» et d’assurer «la sécurité des personnes et des biens en participant à la recherche des  marchandises prohibées, dangereuses pour la santé ou l’environnement». 
La responsabilité du ministère du Commerce est également engagée puisque ses services, chargés notamment de traquer la contrefaçon, n’arrivent pas à protéger les consommateurs des dangers du faux. Les appareils de chauffage «théoriquement» interdits, à la fois parce qu’ils ne répondent pas aux normes de sécurité et sont à l’origine de plusieurs accidents mortels qui ont fait de nombreuses victimes, continuent ainsi, d’être proposés à la vente, y compris par des magasins ayant pignon sur rue, sans que les services de contrôle ne puissent réagir autrement que par des appels pathétiques à la vigilance. Comment espérer installer cette vigilance lorsque le marché est inondé de produits contrefaits (dans certains cas, tout est faux), que le consommateur n’a souvent aucun moyen de discerner le vrai du faux et que les «vraies» marchandises sont inaccessibles à la majorité des bourses ? Et comment espérer inculquer la notion de sécurité lorsque de nombreux professionnels, en l’occurrence les plombiers, sont des autodidactes travaillant le plus souvent au noir ? 

Le consommateur est, sans doute, condamnable lorsqu’il prend le risque d’installer au chauffage contrefait à l’intérieur même de sa chambre à coucher, mais les Douanes algériennes, le ministère du Commerce et, plus généralement, les pouvoirs publics sont les premiers responsables parce qu’ils ont permis l’importation de ce dangereux appareil et fermé les yeux sur sa commercialisation. 

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 09:12
A voir l’état de dégradation avancée des conditions de prise en charge des malades par nos structures de santé, qu’elles soient publiques ou privées, doit-on s’étonner qu’une maladie comme la méningite réapparaisse et fasse des victimes, créant une légitime panique chez les Algériens ? Si l’on considère qu’elle a été provoquée par le non-respect des règles d’hygiène et d’aération, comme cela est supposé par un certain nombre de praticiens, cette maladie, qui a déjà fait des victimes à Blida et M’sila, aurait tout aussi bien pu frapper à Alger, Oran ou Tindouf (sans parler des petites localités oubliées des temps et des responsables), l’écrasante majorité des établissements hospitaliers ne répondant pas aux normes d’hygiène internationales.
Il y a quelques mois, Mohamed Bekkat Berkani, président de l’Ordre national des médecins, avait affirmé que les hôpitaux algériens étaient vétustes, les équipements inadaptés et appelé les pouvoirs publics à lancer un profond débat pour «examiner la loi sanitaire», qui doit s’adapter aux nouvelles réalités socioéconomiques du pays, et les nouveaux besoins de la population. «L’Algérie consacre seulement 5% de son PIB à la Santé, contre 7% en Tunisie, un pays qui dispose de moins de ressources financières, et 10% dans les pays occidentaux», avait-il noté en substance. Les praticiens et praticiens spécialistes, de leur côté, ont toujours soutenu la nécessité de refonder un système de santé, obsolète et dépassé, qui ne permet plus de répondre aux besoins des Algériens et leur vaut d’être constamment stigmatisés (parfois agressés) par les malades. «Nous réitérons notre appel à une refonte totale du système de santé en Algérie», a, récemment encore, insisté Lyès Merabet, président du Snpsp. Quant aux citoyens, il est inutile de rappeler toute l’estime et la confiance qu’ils portent aux établissements hospitaliers, aux médecins et au personnel paramédical…, bref, l’ensemble du secteur de la santé qui les pousse dans les bras de cliniques privées extrêmement onéreuses et rarement plus sûres.
La réapparition angoissante de la méningite donne tout leur poids aux appels des praticiens sur l’urgence de «réactualiser» une politique de la santé qui a montré ses limites, dans un contexte marqué par l’embellie financière que l’on connait et la volonté affichée du gouvernement de prendre en charge les problèmes qui pèsent sur les citoyens.
Et celui de la santé publique n’est pas le moins grave.

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